TEST : BROTHERS IN ARMS EARNED IN BLOOD / XBOX

Publié le par Arkanum

Editeur : Ubisoft
Développeur : Gearbox Software
Support : Xbox
Année : 2005
Existe aussi sur : Playstation 2 et PC



Un peu d'histoire...

Lors de la seconde guerre mondiale, l'une des batailles les plus importantes et mémorables sur le front de l'ouest fut sans aucun doute la bataille de Normandie qui fit rage de juin à août 1944. Lorsque l'on évoque cette bataille et surtout son commencement, on pense immédiatement au débarquement allié du 6 juin 1944 avec le bain de sang qu'ont connus les américains à Omaha Beach.

Seulement, les débuts de cette vaste opération ne se limitent pas qu'aux plages du débarquement; au cours de la nuit du 5 juin au 6 août 1944, des milliers de parachutistes américains appartenant à des unités aussi prestigieuses que les 82ème et 101ème divisions aéroportées furent largués à proximité de ces plages, plus principalement non loin du secteur d'Utah Beach.

Gearbox Software, studio de développement principalement connu pour avoir pondu les deux extensions d'Half Life, à savoir Opposing force et Blue Shift, a décidé de rendre hommage à ces parachutistes ayant apportés leur importante contribution à la réussite de l'opération Overlord avec leur jeu Brothers in Arms Road to Hill 30.

BiA Road to Hill 30 est-il un énième FPS sur la seconde guerre mondiale ? Tout à fait. Sauf que ce titre se démarque grandement de ses concurrents directs, à savoir Medal of Honor et Call of Duty parce que son gameplay emprunte un chemin tranchant radicalement des MOH et autres COD; il s'agit plus exactement d'un FPS tactique nous mettant dans la peau d'un sous officier responsable de plusieurs soldats repartis en 2 escouades.

Le but avoué de Gearbox est de nous faire connaitre les véritables tactiques (encerclements, contournements, ...) utilisées par les paras lors de la seconde guerre mondiale. Ce premier Brothers in Arms s'est montré effectivement assez convainquant à la fois sur ce point de vue ainsi que sur le reste du jeu malgré quelques petits défauts.

Quelques mois après la sortie de Road to Hill 30, voilà que Gearbox remet le couvert avec un second opus de Brothers in Arms sous titré "Earned in Blood" ...


Le test

Revenons un bref instant sur Road to Hill 30 qui se conclue avec la prise de Carentan par les paras de la 101ème aéroportée. A la fin du jeu, nous assistons à une remise de décorations qui fut rapidement écourtée par des tirs de mortiers provenant du sud de Carentan, les allemands n'étant toujours pas délogés de cet endroit. Au cours de cette cérémonie, le caporal Joe Red Hartsock fut promu au grade de sergent.

Ce n'est plus avec Matt Backer mais dans la peau du sergent Red Hartsock que nous vivrons les événements d'Earned in Blood.

Tout comme pour Road to Hill 30, l'histoire de Earned in Blood nous est racontée sous la forme de témoignages, où Red Hartsock donne le compte rendu à son supérieur, le colonnel Marschall de ce qu'il a vécu tout au long de la campagne de Normandie.



Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le scénario de Earned in Blood ne commence pas immédiatement juste au moment où Road to Hill 30 s'est terminé avec Carentan mais retrace tout le parcours qu'à vécu Red Hartsock depuis la nuit où il fut largué de l'avion sur la Normandie, en passant par les événements de la Colline 30 ainsi que là où s'était conclu Road to Hill 30 (avec cette fois ci le nettoyage complet de la ville de Carentan). Point de vue chronolgie des événements, le jeu va cependant bien plus loin que Road to Hill 30 avec la conquête de Saint Sauveur.

Etant donné que les scénarios des deux Brothers in Arms sont intimement liés, il est par conséquent conseillé d'avoir déjà joué au premier opus avant de s'attaquer à Earned in Blood afin de mieux comprendre son histoire. Outre le fait de nous donner un point de vue différent sur le scénario des deux Brothers in Arms, Earned in Blood soulève quelques questions sur certains points de l'histoire de l'opus précédent, comme par exemple le fait que Matt Backer n'était pas le seul et unique héros lors de la Colline 30.

La campagne solo, aussi longue que celle du précédent opus, compte une douzaine de missions dans lesquelles vous ferez face aux différentes catégories de soldats allemands présents en Normandie : les soldats de base baptisés ostruppen, la wehrmacht, les panzergrenadiers (soldats d’élites accompagnants les chars dans les panzerdivisions) et enfin les fallshchirmajer, autrement dit les parachutistes allemands symbolisants les unités d’élites ennemies).

A noter qu’au cours du jeu, vous devrez en découdre avec des chars de type panzer IV, essuyer des tirs de mortiers et aussi des tirs de 88 mm (redoutable canon antiaérien allemand qui fut souvent utilisé à l’horizontal en tant qu’arme antichar).



Au point de vue des armes, Earned in Blood reprend en majorité celles qui furent utilisées dans Road to Hill 30, à savoir les célèbres fusils Garand M1 et Mauser 98K, les mitraillettes Thompson et MP40, les fusils mitrailleurs BAR et STG44, le panzerfaust, la mitrailleuse fixe MG42 ainsi que les classiques grenades américaines et allemandes. Deux nouvelles armes feront leur apparition : La Grease gun, mitraillette américaine ainsi que le redoutable fusil mitrailleur des paras allemands : la FG42.

Techniquement, le jeu est identique à Road to Hill 30, c'est-à-dire très propre (surtout au niveau des modélisations) sans toutefois être exceptionnel. Les décors empruntent un ton volontairement terne, mais cela ne fait que renforcer l’immersion en rendant le jeu davantage réaliste.

Le gameplay n’a pas non plus changé d’un iota comparativement au volet précédent, il consiste toujours à diriger 2 escouades composées chacune de 3 soldats auxquelles nous devrons donner différents ordres tels qu’exercer un tir de suppression sur des ennemis afin de détourner leur attention ou encore leur donner l’ordre de partir à l’assaut sur telle ou telle position ennemie.  Sur ce point, nous pouvons encore saluer Gearbox pour la parfaite exploitation du pad car les commandes à la manette sont toujours aussi efficaces et intuitives qu’auparavant.
Précisons encore que le jeu n’encourage clairement pas l’initiative solitaire ; en effet si vous décidez de partir seul à l’assaut sur une position ennemie, la partie risque grandement de se solder par un game over !

Tout comme dans Road to Hill 30, la difficulté augmente progressivement au cours de la campagne. La première mission nous sert de tutorial dans lequel nous apprendrons tout d’abord les mouvements basiques tels que se déplacer, s’accroupir, sauter, viser et tirer puis nous apprendrons à gérer un homme en lui donnant la plupart des ordres que nous utiliserons tels que se mettre à couvert, exercer un tir de suppression sur un ennemi, foncer à l’assaut sur l’ennemi et le rappeler à nous pour qu’il nous suive.

Rapidement, ce ne sera plus un homme mais une équipe de 3 soldats que nous aurons sous nos ordres puis 2 équipes pour avoir un total de 6 hommes à commander.
A noter qu’à certains moments du jeu, nous contrôlerons un char en guise de deuxième escouade.

Les tactiques utilisées s’opèrent généralement selon le schéma suivant : dès qu’un ennemi est repéré, on aperçoit un rond rouge au dessus de sa tête, ce rond rouge est en fait un indicateur de suppression. S’il est rouge, cela signifie que l’ennemi ne craint rien, qu’il a toutes ses facultés et qu’il est prêt à en découdre avec vous ! De ce fait, même si vous êtes téméraire, je vous déconseille grandement de vous risquez à l’assaut.

Il faudra alors donner l’ordre à l’une des équipes de se mettre à couvert et d’arroser le (ou les) ennemi(s) avec un tir de suppression, cela aura pour effet littéralement de mettre la pression sur l’ennemi, ce qui concrètement fera diminuer son indicateur de suppression (le rond rouge deviendra progressivement gris, ce qui signifie que le moral de l’ennemi est au plus bas, qu’il se retrouve acculé et ne peux riposter). Une fois l’indicateur de suppression totalement gris, l’ennemi ne pourra donc plus faire grand-chose si ce n’est que de rester à couvert. De plus, son attention sera focalisée essentiellement sur l’endroit d’où proviennent les coups de feu.
Ce sera maintenant à vous (ou à votre seconde équipe, c’est vous qui voyez et qui gérer votre stratégie comme bon vous semble) de contournez l’ennemi est une fois que celui-ci se retrouve dans votre viseur, vous le descendez !

Pour un tel mécanisme, inutile de préciser que les niveaux sont de ce fait de vastes cartes, non linéaires étant donné que l’on doit effectuer le plus souvent des manœuvres dites de contournement.

Bien que la technique et le gameplay n’ont pas changés depuis Road to Hill 30, il faut cependant préciser que l’IA ennemie a évoluée ; alors que dans Road to Hill 30, les ennemis campaient bien sagement sur leur position une fois qu’ils devaient faire face à un feu nourri, nous remarquons qu’ici ils n’hésitent pas à se replier si la pression est trop forte et même quelques fois, ils en viennent carrément à l’assaut sur vous. Ce qui toutefois n’est pas le cas de vos boys à vous qui parfois gâcheront vos efforts de fin tacticien avec une IA se montrant parfois assez aléatoire.

La grosse nouveauté d’Earned in Blood qui vaut vraiment le détour vient du mode escarmouche où l’on pourra même incarner le rôle des allemands contre les américains, que vous pourrez jouer seul ou en multi. Au programme de ce mode escarmouche, 10 missions (5 côté américain et 5 côté allemand), que vous pourrez paramétrer à votre guise. L’option la plus intéressante vous propose de définir quel type de partie vous voulez jouer (soit en jouant le même type de missions qu’en campagne solo, soit en éliminant le plus rapidement possible tous les ennemis de la carte ou encore le fait de résister et de repousser les vagues d’ennemies successives).

Pour le reste, Earned in Blood nous offre des modes multi et Live bien plus fournis que précédemment.


CONCLUSION : Les mauvaises langues diront qu’il s’agit là plus d’un add-on que d’une véritable suite et n’auront pas tout à fait tort, ce nouveau volet faisant preuve d’un manque plutôt flagrant d’innovations. Cela dit, Earned in Blood a d’autres atouts à faire valoir tels que des missions solos un poil plus intéressantes (et difficiles aussi) et surtout son mode escarmouche complet font que ce Earned in Blood remporte la palme du meilleur jeu ayant trait à la seconde guerre mondiale sur consoles 128 bits.


SCENARIO : très fidèle à la réalité historique (qu’il s’agisse de l’Histoire avec un grand H ou encore de la reconstitution des bocages normands en 1944), le scénario nous fera découvrir ce qu’on vécus les paras américains en Normandie avec des batailles mémorables tels que la prise de Carentan par exemple.

A noter aussi que comme l’indique le titre Brothers in Arms, l’histoire évoque aussi l’amitié entre des paras frères d’armes, ce qui succite parfois l’émotion.

GRAPHISMES : idem à ceux de Road to Hill 30, il n’y a quasi aucun changements. Bien que n’étant pas exceptionnels les graphismes offrent cependant un rendu très réaliste. Mention pour les visages expressifs.

SONS : les bruitages, que ce soit ceux des armes, des explosions ou encore les chenilles des chars sont très crédibles. La VF est de qualité elle aussi. Il n’y a toutefois aucune musique pendant la partie mais pour un jeu de ce type, sollicitant très souvent la concentration et la réflexion, cette absence n’est pas à déplorer.


JOUABILITE : l’un des points forts du titre car celui-ci nous offre une jouabilité très efficace et intuitive pour ce type de jeu. L’ergonomie est de ce fait excellente et il aurait été difficile de faire mieux.

DUREE DE VIE : énorme. La campagne solo est tout aussi longue (et même plus difficile) que celle de Road to Hill 30. Ajoutez à cela le mode escarmouche vous proposant dix missions supplémentaires ainsi que la possibilité de choisir entre différents types de parties et vous aurez de quoi faire pendant très longtemps. 

SUPPOS : 4,5/6 (testé par Arkanum)

Publié dans TESTS

Commenter cet article

Grebz 28/06/2007 17:42

Très bon test d'un très bon jeu.En plus, les gars de Gearbox sont très sympas, bien qu'ils soient au Texas, l'état de George Bush...Et on bouffe très bien et pour pas cher à Plano !!!Par contre, Dallas, c'est pas génial...