[RETROGAMING] Albion / PC

Publié le par Sylesis

ALBION
Support: PC (DOS, Win 95)
Éditeur/Développeur : Blue Byte
Genre : RPG
Nombre de joueurs : un
Media : 1 CD ROM
Sortie : 1996


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Mon premier contact avec Albion a été un peu indirect. A l'époque ma soeur ainée qui venait d'avoir un ordinateur me demandait si j'avais entendu parler de RPGs intéressants. De mon côté, je n'avais jamais touché un clavier mais plutôt acheté le magazine Micro Kids (le magazine de l'émission) qui semblait assez positif au sujet d'Albion. Ma sœur l'a acheté peu après sur mon conseil, et moi je l'ai découvert un an plus tard, quand j'ai eu mon premier ordi à mon tour. C'était l'époque de DOS, Windows 95, et de la configuration manuelle parfois hasardeuse des cartes son.

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Votre aventure commence à bord du Toronto, un vaisseau en orbite autour d'une planète déserte mais riche en ressources naturelles. L'objectif de la mission du Toronto est simple : extraire ces ressources afin de rentabiliser le coûteux investissement de l'expédition financée par la  multinationale DDT.

Dans Albion, vous dirigez Tom Driscoll, un pilote de navette. Le personnage s'éveille après un cauchemar récurrent et tombe sur sa petite amie dans le couloir qui l'informe d'un incident qui a eu lieu avec le système de navigation et l'un des officiels à bord. Tom mène sa petite enquête avant de devoir partir en mission pour un vol de reconnaissance avec un xénobiologiste du nom de Rainer.

Malheureusement, la petite ballade tourne court et la navette multipliant les pannes, Tom est contraint de faire un atterrissage forcé. Blessés, ils sont secourus et découvrent qu'en dépit des rapports des sondes, la planète non seulement n'est pas déserte, mais abrite également une race humanoïde intelligente : les Iskaï, une race d'hommes-fauves. Après s'être rétablis grâce aux bons soins du clan Iskaï du vent, Driscoll et Rainer décident de rejoindre le Toronto qui est censé avoir atterri, pour prévenir l'équipage de la présence de la population locale et empêcher la destruction irrémédiable de l'environnement. En voyageant à travers les continents, ils seront rejoints par Drir et Sira, deux Iskai, et des humains d'origine celtique natifs d'Albion.

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Albion est un jeu mélangeant 2D et 3D. 2D durant les phases d'intérieur et sur la carte, où vous pourrez discuter avec les NPC, 3D pendant les phases d'exploration des donjons et lors des déplacements dans les rues des grandes villes. Quel que soit le mode, vous pouvez vous déplacer aussi bien avec la souris, le clavier, ou les deux en combinaison. Durant les phases de 3D, vous pouvez baisser ou lever les yeux pour notamment pouvoir ouvrir les coffres ou aborder les oubliettes.

En fonction de ce que vous aurez trouvé, l'interface en 3D s'étoffera d'une montre et d'un masque de monstre magique vous prévenant de la proximité de créatures hostiles. Avec un clic droit, vous pourrez également afficher une carte de la zone où vous êtes : extrêmement pratique pour voir les endroits pas encore explorés.

Techniquement, le jeu accuse un peu son âge : les phases en 3D affichent de gros pixels. Le reste toutefois est assez fin et je trouve que ça reste encore agréable : c'est différent d'un Skyrim, mais ça reste bon.

Les conversations avec la population locale se font de trois manières :
- vous pouvez dire certaines phrases spécifiques à certains personnages, généralement par rapport à l'histoire.
- vous pouvez toujours interroger les NPC au sujet de mots tirés d'une liste qui se remplira progressivement.
- mais vous pouvez également questionner au sujet de mots spécifiques que vous aurez rentré au clavier. Par exemple vous pouvez interroger l'équipage au sujet du Toronto ou les habitants d'Albion au sujet des Iskaï, mais l'inverse ne donne pas forcément des résultats probants.

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Les combats sont présents dans Albion et se font sur un damier où apparaissent vos personnages en fonction de la formation que vous aurez définie, et les adversaires. Les combats se font au tour par tour : vous donnez les consignes à vos héros, puis lancez le tour. En fonction de leur rapidité, les personnages agissent dans un certains ordre, ce qui a un impact important : en combat on ne cible pas quelqu'un mais une case, donc si la cible a bougé avant que l'attaque ne soit réalisée, l'attaque échoue.

S'il y a une ligne complète vide entre vous et vos adversaires, il est possible de faire avancer l'équipe entière d'une ligne. L'avantage est double : 1) vous êtes plus rapidement au contact 2) en cas d'adversaires fuyards (vous avez décimé leurs alliés), vous avez une chance de les rattraper avant qu'ils ne disparaissent de l'affrontement, vos personnages ne pouvant normalement se déplacer que d'une case.

L'univers du jeu mélangeant science-fiction et fantasy, il n'est pas surprenant que la magie soit présente. Vous pouvez recruter durant l'histoire quatre personnages dotés de pouvoirs, mais chacun possède son style propre. Harriet la Dji-Cantos est une excellente guérisseuse, mais possède aussi un sort particulièrement destructeur quand elle l'aura appris. Meltas le druide possède peu de sorts, qui sont polyvalents mais moins destructeurs que ceux de Kunag qui est une véritable catastrophe naturelle en mouvement à haut niveau.

Sira la mage Iskaï est un cas particulier. Ses sorts sont assez variés et très utiles, mais surtout elle ne les lance pas de la même façon que les autres mages : si elle utilise également son mana, elle doit aussi jeter une graine spéciale à chaque lancement de sort. Veillez toujours à ce qu'elle ait un stock conséquent si vous voulez qu'elle soit utile.

Autre particularité de la magie dans Albion : quand vos personnages sont à court de mana, vous pouvez toujours lancer des sorts, mais cette fois en utilisant la barre de santé. Une solution extrême certes, mais qui peut vous aider à finir ce long donjon dans lequel vous êtes si vous disposez d'une bonne réserve de potions de vie, mais plus de mana.

Un dernier mot : les sorts ne sont pas appris automatiquement en montant de niveau, mais doivent être achetés dans des boutiques. Chaque sort dispose de sa barre d’efficacité. Au début peu puissants, ils gagnent en force à mesure que vous les utilisez. Certains sorts mettent du temps à être améliorés en raison de leur coût en mana, mais ils seront dévastateurs avec quelques efforts.

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A tout moment, vous pouvez accéder à l'écran des personnages, où vous verrez le niveau et les caractéristiques de chacun, ainsi que leur inventaire et la formation actuellement employée.
Les attributs sont les suivants : Force, Intelligence, Habileté, Rapidité, Résistance, Chance, Résistance Magique et Pouvoir Magique. Au niveau des compétences, nous avons Attaque au Corps à Corps, Attaque à Distance, Chance de Critique, et Crochetage.

La barre bleue correspond à la valeur actuelle, la barre grisée correspond au maximum atteignable. Les compétences peuvent être améliorée auprès d’entraîneurs, moyennant finance et en fonction de vos points d'entrainement, mais également en fonction de votre équipement. Par exemple, équiper un blasteur augmente considérablement votre compétence de tir, mais seuls les Outre-Albionnais savent en utiliser un.

La fenêtre vous montre ce que vous portez actuellement. Dû à la différence de morphologie, humains et iskaïs ne portent pas le même équipement : les hommes-fauves ont des armures qui leur sont propres, mais également un emplacement d'arme supplémentaire dû à leur queue préhensile avec laquelle ils peuvent utiliser une arme blanche légère en plus.

Enfin sous le contenu du sac à dos, vous verrez la somme d'or que porte le personnage et sa nourriture. Si donner toutes vos espèces sonnantes et trébuchantes à un personnage n'est pas préjudiciable, concentrer la nourriture est déconseillé : d'une part pour le poids que cela occasionne pour le porteur, mais aussi parce qu'un personnage sans nourriture ne récupére pas de force pendant les repos. On voit donc qu'il faut non seulement répartir les vivres équitablement, mais en plus choisir une quantité raisonnable avant de partir en expédition : pas trop pour ne pas être alourdi inutilement, mais suffisamment pour ne pas finir la ballade langue pendante et estomac dans les talons. Il existe un sort qui permet de se reposer sans utiliser de nourriture, mais il n'est disponible que tard dans l'aventure.

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Albion est un jeu comme on en voit peu, car c'est un véritable plaidoyer pour l'écologie. La culture iskaî est essentiellement basée sur la nature et l'utilisation des plantes dont sont constituées leurs habitations. La culture humaine celtique est quant à elle centrée autour des druides et l'amour de la déesse-mère qu'est la planète. L'histoire poussera les personnages à découvrir la vérité sur le Toronto : exploiter la planète au mépris de ses habitants pour le profit de la DDT (ça vous rappelle quelque chose ?). Tom, Rayner et d'autres personnages du vaisseau décideront de prendre parti pour la population. Des humains aidant des hommes-fauves contre le capitalisme dévastateur : Avatar avant l'heure.

Mais avec cela, Albion est également un hymne à la tolérance, car vous assisterez parmi les héros à la formation d'un couple inter-espèce en dépit de leurs différences. On ne peut pas s'empêcher d'être un peu ému en voyant les deux personnages et leurs rapports.

On note également que le jeu récompense les actions intelligentes. Par exemple au début quand êtes dans le Toronto, vous pouvez découvrir une scène d'accident en contournant le service de sécurité qui la garde. Vous trouverez sur place une arme à feu et des munitions mais si vous sortez avec par la seule issue restante, devant les gardes, votre arme sera confisquée. Si toutefois vous revenez un peu en arrière pour la cacher dans un coffre, sortez devant les gardes mains nues puis empruntez un chemin détourné pour récupérer le contenu du coffre, vous gagnerez de l'expérience, vous amenant ainsi au niveau 5. Avec en prime une arme extrêmement utile au début de l'aventure.

Au niveau de la musique, l'ensemble est relativement agréable à l'oreille pour peu qu'on ait bien configuré les pilotes audio. Lors de mon test, j'ai fait tourner Albion sur un Windows XP virtualisé, mais les résultats semblent plus probants en l'installant sous Dosbox.

Sous son aspect technique un peu voire franchement dépassé, Albion recèle la richesse et la complexité des jeux de rôle PC d'antan. Si on n'y jouera pas forcément pour ses graphismes, on s'y intéressera pour son scénario mature et engagé. Un titre auquel on ne pense pas souvent quand on liste les très bons RPGs sur ordinateur, mais qui pourtant mérite d'être connu. Il est disponible à plusieurs endroits sur le web en abandonware, si l'aventure vous tente.

SUPPOS : 5/6
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Publié dans RETROGAMING

Commenter cet article

gluttony 21/11/2013 11:26

Diantre, j'ai ce jeu sur un vieux CD de magasine et je le lorgne depuis un moment, je vais lire ce test à mes heures perdues je crois ;)