[RETROGAMING] Alisia Dragoon / Megadrive

Publié le par Onels4

ALISIA DRAGOON
Développeur : Game Arts / Gainax
Support : Megadrive
Année : 1992


Test de 2012 MAJ le 13/04/2015

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Alisia, jeune et sémillante magicienne (cf. jaquette du jeu), fille de magicien, doit se débarrasser du vilain démon qui revient sur terre et de ses serviteurs, suivant en cela les traces de son père...

Game Arts (Grandia, Lunar, Lunar 2 sur PS1 entre autres) nous propose un jeu hybride de plateforme exploration et action avec un petit côté levelling et... un personnage féminin, ce qui n'est pas des plus répandus. Loin d'une Xena la guerrière, Alisia se bat grâce à la magie et pour compléter le titre du jeu elle est accompagnée par un dragon (enfin un familier).

Un héros féminin et son "familier", un combo pour le moins original sur Megadrive !

Un héros féminin et son "familier", un combo pour le moins original sur Megadrive !

Le principe de jeu est pour le moins original : Alisia tue en envoyant des décharges de foudre par le bout des doigts (une lointaine ascendance Sith refoulée). On ne vise pas les ennemis, les éclairs les attaquent directement, mais bien sûr, on ne peut pas tirer tout le temps, il y a une barre d'énergie qui se recharge bien vite, mais vous oblige à choisir le bon moment pour attaquer, tout en esquivant.

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Il y a une stratégie à adopter, à l'économie, d'autant qu'une fois rechargée à bloc, vous avez droit à une attaque spéciale qui balaie tout l'écran.

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Ce ne sera pas de trop, car les ennemis arrivent par paquets de 10 en général, tous les renforts sont donc bienvenus. C'est ici que vos compagnons apparaissent ! Vous avez à dispositions 4 dragons différents, enfin façon de parler. Plutôt deux dragons, un lézard avec des ails en forme de boomerang (il crache lui-même des boomerangs) et une sorte de boule de feu de compagnie qui flotte et tournoie.

A tout moment, vous pouvez changer de compagnon ou jouer sans eux, sachant qu'ils ont eux aussi une barre de vie, il faudra passer de l'un à l'autre régulièrement pour répartir les dégâts et leur redonner de la pizza, enfin des bonus en forme de plats de côtes, sinon ils meurent. Contrairement à Tails ils ne reviennent pas, sauf item pour ressusciter, et les bonnes pharmacies se font rares. La ressemblance avec les Tortues Ninja s'arrête là, fort heureusement. Chaque dragon (on va dire que la boule de feu et le lézard en sont des dérivés, ce sera plus pratique) possède également un niveau, tout comme vous, et progresse jusqu'au niveau 3 où il fait de plus en plus de dégâts.

Vous ne les contrôlez pas, ils vous suivent et attaquent dès qu'ils voient un ennemi, tout en vous collant aux basques. Un peu trop, nous y reviendrons.

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Vous allez souffrir, les ennemis sont innombrables et attaquent en bande, en fait il n'y a pratiquement pas de répit, et les vilains respawnent réapparaissent aux endroits visités, donc vous serez toujours sur la brèche, pas moyen de se planquer ! La conséquence directe pour le joueur est l'obligation de parcourir l'intégralité du niveau ou presque en quête de power-ups : ils sont légion, et indispensables. Il y en a pour la vie et pour la puissance, pour vous comme pour les dragons, qui pourront passer au niveau suivant.

Gardez les steaks pour les dragons blessés et les orbes bleues pour les dragonnets maigrichons, ce sont les épinards de Popeye, mais sans limitation de durée.

Les niveaux regorgent de passages secrets, de faux murs, de bonus invisibles à faire apparaître en les frôlant, et c'est non seulement indispensable pour survivre, mais aussi pour progresser. Au passage, c'est toujours sympa de trouver des objets cachés, on se fait plaisir.

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Il faut donc évoquer la difficulté, qui est costaud, malgré une maniabilité sans défauts et un personnage réactif, que l'on dirige très précisément.

D'abord les ennemis apparaissent pile devant Alisia, souvent par vagues, à cela s'ajoute la contrainte des plateformes (on rate son saut, on ne meurt pas, mais on refait du chemin) ; sans power-ups, c'est la mort assurée. Il faudra des réflexes conséquents pour s'habituer à gérer à la fois le tir et les sauts, tout en gardant un œil sur le dragon et sa barre de vie, parce que l'animal, s'il a la puissance des monstres d'antan, possède le cerveau du pigeon actuel : il vous suit à la trace comme un chat qui attend sa gamelle, et ne cherche pas à esquiver les tirs ennemis. Forcément, il en ramasse plein la tronche... dommage.

Autre donnée importante... vous avez une seule vie par partie, même si on en gagne (les 1up sont des continues). De temps en temps l'attaque automatique se perd un peu ou tarde légèrement, juste assez pour vous faire toucher, une fois de trop. C'est rare, et on peut faire avec, mais significatif. Le jeu se mérite, même si on peut lire qu'il est facile dans les premiers niveaux ici et là, je le trouve difficile. Il faut donc maîtriser le gameplay, inhabituel mais sympathique, trouver les power-ups cachés, et choisir le bon dragon au bon moment. Vous recommencerez un certain nombre de fois...

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C'est à mon avis le défaut majeur, mais le jeu ne manque pas de qualités ne serait-ce que par son originalité et les principes de bases du gameplay. L'animation quant à elle est fluide, sans aucun lag malgré des troupes d'ennemis, et juste assez détaillée pour ne pas sombrer dans un système type Strider.

La partie graphique n'est pas en reste, avec des niveaux très soignés et bien conçus, sur plusieurs niveaux (les chutes sont permises), vous traverserez un volcan, un temple, un aéronef et un vaisseau spatial, mais de manière cohérente : de courtes transitions précalculées relient les niveaux entre eux et ajoutent une logique à votre parcours, non seulement c'est rare, mais c'est très réussi. Toujours dans la variété, il faut ajouter que les ennemis sont spécifiques au niveaux parcourus, loin des beat'em all ou autres jeux d'action répétitifs, l'univers dépeint ici change et ne lasse pas, il forme un tout, on finit le temple au passage suivant on voit la parte par laquelle on est sorti. C'est tout bête mais c'est bien.

Les musiques sont bien adaptées à l'univers et les bruitages sont de bonne facture, même les éclairs, qui pourraient lasser à la longue : il n'en est rien.

Le design original du jeu, on voit que Alisia est totalement différente ! Celle ci a donc été "occidentalisée", passant de l'héroïne aux gros yeux à la golden-warrior en bikini !

Le design original du jeu, on voit que Alisia est totalement différente ! Celle ci a donc été "occidentalisée", passant de l'héroïne aux gros yeux à la golden-warrior en bikini !

Alisia Dragoon nous propose un gameplay unique, une expérience de jeu rare, et une réalisation soignée. C'est un jeu à essayer absolument, même si la difficulté trop élevée (de prime abord) pourra rebuter certains joueurs frileux.

Suppos : 4,5/6
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Merton 15/04/2015 20:07

J'étais assez partagé à sa sortie: je le trouvais sympa mais il lui manquait un petit quelque chose pour en faire un hit. Un bon jeu, pas un grand jeu.

Thread 10/07/2012 11:42

Un jeu que j'apprécie beaucoup et qui a le mérite d'être bon et courant ce qui devient rare.
En effet il rebute au départ et il faut se motiver pour le prendre en main mais il sait être gratifiant aussi !
Je le conseille moi aussi, c'est un bon jeu à avoir dans sa collection ! Pour ma part je l'ai en EU/JP/US tellement il est facile à dénicher !