[TEST] DIVINITY 2: EGO DRACONIS / XBOX 360

Publié le par YAD


DIVINITY 2
Support : Xbox 360
Existe également sur PC


Dévoloppeur : Larian Studios

Editeur : DTP Entertainment AG


Sortie : 15 octobre 2009


Le RPG occidental est souvent avare en titres, à raison d’une ou deux sorties par an. Mais les temps ont changé, et sur une année, c'est un déluge de bons jeux qui nous tombent dessus. Et le terme occidental n'a jamais été aussi approprié. Les Allemands arrivent en force (Risen, Drakensang, Sacred 2), les polonais aussi (The Witcher). Sans compter les futures sorties des blockbusters américains Dragon Age Origins, Mass Effect 2 et Alpha Protocol.

C'est donc dans ce contexte très concurrentiel que Larian Studios, un studio de développement belge, nous sort Divinity 2 : Ego Draconis. Et en exclusivité européenne monsieur. Les belges/allemands étant évidemment les premiers servis. LarianSstudios a décidé d'étendre le public de sa série phare (les Divinity) avec un portage sur Xbox 360.



Un petit résumé des deux premiers jeux de la série : Divine Divinity et Beyond Divinity. Deux RPG old school à la Baldur's Gate, en 3D isométrique dans un monde heroic fantasy, mais bien plus orienté action voir hack and slash. Une grosse part du jeu est donc laissée à l'amélioration de l'équipement et des compétences. Si les scénario sont assez bateau, les dialogues sont généralement de qualité et emprunt d'une bonne dose d'humour. A noter que Rhianna Prachett avait écrit le scénario de Beyond Divinity. Divinity 2 reprend donc la qualité d’écriture, l’humour et l’ambiance de ses ancêtres, mais effectue une refonte totale du gameplay. L'aspect hack and slash est très nettement atténué, et on se retrouve plutôt avec un beat-them all où une grande part est laissée à l'exploration et aux dialogues.



Si le début de jeu est très orienté quêtes, dialogues à gogo et négociation avec les marchands, l'action prend le pas de façon croissante lorsque l'on avance dans la partie. A noter que la difficulté suit la même tendance. Le début du jeu est corsé, parsemé de rares groupes d’ennemis redoutables, alors que les troupes adverses tombent comme des mouche vers la fin.

Ce jeu sort également des sentiers battus pour deux raisons :
- Il propose une certain nombre de phases de plate-forme, d’autant que les zones traversées sont très nivelées. Si la maniabilité n'est pas vraiment excellente lors de ces phases, c'est un ajout d'autant plus agréable que certaines escalades sont menées à tambour battant.
- A partir d'un moment du jeu, il est possible de "transformer" son personnage en dragon avec deux impacts majeurs sur la gameplay. L'exploration des zones ne se fait plus sur une surface, mais bien en trois dimensions totalement exploitables. Et le jeu devient ponctué de phase de shoot-them up, où le dragon doit anéantir les forces anti-aériennes ennemies. Le ciblage des ennemis est malheureusement parfois défaillant, et le combat en corps à corps manque un peu de technique. Ce qui aurait été bien plus désagréable si le jeu était effectivement orienté hack and slash. Dans l’ensemble, ça reste quand même bien moins rigide qu’un Elder Scroll.



Le personnage évolue en piochant des compétences parmi 5 classes disponibles (prêtre, mage, guerrier, ranger, draconis), plus une classe spécifique au dragon. Chacune d’entre elles comprend une dizaine de compétences, graduées jusqu'à 5 en début de jeu. Il est tout à fait possible de créer un guerrier polyvalent en alternant des compétences magiques / de mêlée / à distance. D’autant que l’on peut effectuer une remise à zéro du tout à partir d’un moment du jeu, moyennant finances. Huit raccourcis sont disponibles sur la version 360 (croix directionnelle et les 4 touches de droite), et peuvent être attribués à des armes / sorts ou potions. Le menu en liste n’est pas spécialement ergonomique, sans vraiment contrarier l’exploration de son butin.

L'équipement est assez fourni (tête, torse, ceinture, bottes, jambières, anneaux, boucles d'oreilles, armes / bouclier) et est généré de manière aléatoire que ce soit dans les coffres ou en tant que récompenses. C'est probablement le point qui raccroche le plus ce jeu au style hack and slash, sachant qu'on retrouve les habituels armes normales / magiques / heroiques / legendaires et de set. Seules certaines armes uniques et puissantes apparaissent systématiquement à un endroit précis.



Il existe également plusieurs ateliers de création / customisation disponibles dans le jeu. Les armes peuvent être améliorées à l'aide de charmes trouvés à droite et à gauche, et enchantées par un tiers en lui ramenant des pierres précieuses. Il est possible de créer des potions à l'aide d'un alchimiste, et en récoltant des plantes lors de nos balades. Pour finir, un necromancien peut nous adjoindre une créature mort-vivante, à partir de membres récoltés sur les cadavres. Tout ses individus peuvent d’ailleurs être réunis au sein d’un quartier général évolutif, disponible après une petite moitié du jeu.

Revenons sur les dialogues et les quêtes. Très bien écrits dans l'ensemble, on retrouve une touche d'humour assez typique des RPG européens. De l'ironie, du sarcasme à froid, de l'absurde typé monty python, et des eastern eggs. C'est un peu ce qui sera proposé tout au long de l'aventure, et plus particulièrement dans les choix multiples proposés lors dialogues. Bien souvent, 3 options sont proposés dans la conversation. L'agressif : Viens ici que je te démolisse. Le conciliateur : Voyons, ça doit être possible de résoudre notre désaccord de manière non violente. L'humoristique / moqueur : Tu permets que je retire ma masse du crane de ta copine, avant que l'on reprenne notre conversation ?  Si on ne retrouve pas systématiquement ces trois choix, il existe toujours la petite pique humoristique qui rendra le cheminement d’autant plus savoureux ... et qui permettra de varier les résolutions des quêtes et des dialogues.



Petite particularité de divinity 2, il est possible de lire les pensées de son interlocuteur en échange d'une part de son expérience durement glanée. Même si ça peut paraître cher sur le moment, le retour sur investissement est souvent particulièrement intéressant. Bref le tout est assez réussi, et donne une réelle consistante à l’univers de Rivellon. D’autant qu’un bon nombre de livres disponibles renforce la cohérence globale, et que les quêtes ont tendance à s’entrecroiser joyeusement.

Techniquement parlant, le jeu n’est pas une prouesse graphique, mais propose des environnements diversifiés, colorés et bien détaillés. La distance d’affichage est plus que respectable et on voit les ennemis / structures à une distance suffisante. A l’inverse, les visages ont tendance à se ressembler, et à manquer de finesse. La version 360 soutient la comparaison avec la version PC, un ton en deçà évidemment. Et on voit apparaître des saccades désagréables lors des rotations de caméra, étonnamment absentes lors des phases en dragon. Le jeu est intégralement traduit (et bien), et entièrement parlé. On peut juste regretter que le héros ne prononce pas un mot, sauf lorsqu’il exprime sa joie en découpant du gobelin. La bande-son est globalement bonne, même si elle n’atteint pas la qualité d’un divine divinity.



Il est possible de créer son personnage à l’aide d’un outil de création assez sommaire. Masculin / féminin, taille et couleur des cheveux, type de voie, modifiable même une fois la partie commencée. A noter qu’il existe quelques mimiques spécifiques du sexe choisi (réception de saut à la matrix et petite cabriole en fin de monté d’échelle copyrighté Lara Croft, pour un personnage féminin). Malgré tout, les interactions avec les autres personnages sont uniquement claqués sur un modèle masculin. Et il ne faudra pas compter draguer le gros bûcheron du coin, mais bien la serveuse à forte poitrine, même avec un personnage féminin.

Le jeu s’étale sur environ 50 heures, variables selon la manière de jouer. A noter qu’un journal relate toutes les dernières conversations. Chose bien pratique, étant donné qu’il n’existe aucun marqueur de carte pour les quêtes, et que les personnages ont tendance à ne pas répéter leurs recommandations une fois celles-ci énoncés. Ce même journal contient également un résumé succinct des quêtes en cours, et des quêtes terminées.


Bref c'est une excellente surprise que ce Divinity 2 : Ego Draconis, même si le jeu manque un peu d’ambition au final. C'est un concurrent sérieux de plus qui s'ajoute à la troupe de RPG occidentaux attendant derrière la porte.

SUPPOS : 4,5
/6

Publié dans TESTS

Commenter cet article

Lord British 07/11/2009 08:20


YAD très bon test et j'ai une question pour toi : parmi tous les RPG occidentaux lequel est ton préféré ?