35 articles avec tous les micro-ordinateurs

[MICRO 8 BIT] Le Dragon 32 et 64... qui n'a jamais craché le feu...

Publié le par Dr Floyd

[MICRO 8 BIT] Le Dragon 32 et 64... qui n'a jamais craché le feu...

Article de 2010 MAJ le 11/04/2015

En plein Big Bang de la micro-informatique 8 bit un fabricant britannique (oui encore un!), Mettoy, fabricant de jouets (oups), va tenter de concurrencer la star anglaise du moment, le ZX Spectrum de Sinclair. Ils vont lancer le Dragon 32 (sous la marque Dragon Data), un quasi clone du Tandy Color Computer. Hélas cette machine ne crachera pas vraiment le feu...


dragon-32.jpg

La taille imposante du Dragon 32 étonne à l'époque

Le Dragon 32 sort en août 1982 chez nos "amis" les Rosbeefs. Il est équipé d'un processeur Motorola 6809 avec 32K de RAM. C'est quasiment un clone du Tandy Color Computer et on ne peut pas dire que ce soit un point positif !). A noter qu'il dispose de quelques avantages sur le Color Computer : un basic et un bios reprogrammés, un port parallèle et un clavier mécanique sympa. Le décodage de la mémoire est différent du Color Computer, ce qui ne rend pas le Dragon 32 100% compatible avec ce dernier.

Il sortira en France au prix de 3000 francs.

dragon-32-pub.jpg
Pour commander, c'était moins simple qu'aujourd'hui !


LES ENTRAILLES DU DRAGON :
Processeur : Motorola 6809 à 0,9Mhz
RAM : 32Ko
ROM : 16Ko basic intégré
1 port cartouches
Texte : 32x16 caractères
Son : convertisseur 6 bits
Graphismes : 256x192 en 2 couleurs ou 128x192 en 4 couleurs
9 couleurs au total


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"Bonjour Dave, je suis le basic intégré"


dragon-32-inside.jpg
Les entrailles du Dragon 32

dragon-32-box.jpg
La boite du Dragon 32, encore une famille des années 80 heureuse !

Malgré un processeur Motorola assez correct, les capacités graphiques du monstre (inférieures au Spectrum et au Commodore 64) seront insuffisantes pour attirer les gamers. 128x192 en 4 couleurs c'est franchement insuffisant pour le jeu vidéo. Certains fabriquants semblaient avoir oublié à l'époque que le jeu était le point essentiel d'un micro-ordinateur ! A noter aussi
que les ports manette sont analogiques, et donc non compatible Atari.


LE DRAGON 64

Comme le font tous les fabricants de micro à l'époque, un modèle amélioré est proposé dans la foulée. Le Dragon 64 sortira en 1983 et dispose de 64Ko de RAM et d'un port série en rab. Rien de bien extraordinaire donc.

Dragon64.jpg


FLOP

Malgré un assez bon démarrage, 40 000 machines vendues en 1983, malgré un lancement US, ça ne suffira pas.  Les développeurs de jeux ne suivent pas, ils sont concentrés surtout sur le Spectrum et le C64... et c'est donc la mort assurée à court terme.
Dans cette jungle que représente la micro-informatique à l'époque seuls les ordinateurs disposant rapidement d'un beau catalogue de jeux pouvaient espérer survivre. Les définitions et couleurs du Dragon n'attirent pas les développeurs ni les joueurs.

Mettoy jette l'éponge en juin 1984 (comme beaucoup d'autres cette même année !).
La société est alors rachetée par Eurohard (rien à voir avec les films porno), c'est une société espagnole qui va relancer le micro-ordinateur à bas prix avec des logiciels peu chers. Ainsi cette machine a connu un bon succès d'estime en Espagne.


EXEMPLES DE JEUX TOURNANT SUR LE DRAGON 32 :

astroblast-copie-1.png
AstroBlast sur Dragon 32, en "Full HD" 2 couleurs...

ChuckieEgg-dragon-32.png
Chuckie Egg sur Dragon 32, en 4 mode couleurs
... pas très sexy !


dragon-pub.jpg

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[MICRO 8 BIT] Les ordinateurs Spectravideo

Publié le par Dr Floyd

Spectravideo est une société fondée aux USA en 1981. Au début ils se spécialisent dans le développement et la distribution de jeux pour les consoles Atari 2600 et Colecovision (et même pour l'ordinateur Vic 20 de Commodore). Ils sont alors connus sous le nom "Spectravision". Hélas, aucun chef d'oeuvre vidéoludique ne verra le jour. Par contre ils ont produit un célèbre joystick bâton de joie, le Quickshot.

[MICRO 8 BIT] Les ordinateurs Spectravideo

En 1983 ils décident alors de faire le grand saut quantique et de produire eux-mêmes une série de micro-ordinateurs, la gamme Spectravideo. Un ordinateur soutenu par Bond, James Bond, himself.

spectravideo-bond.jpg


PARTIE I : LES PREMIERS MODELES

SV 318



Le SV 318 est le premier micro-ordinateur de Spectravideo, il est présenté début 1983 au prix de 299$. A l'époque cet ordinateur étonne, de part son joystick intégré, celui ci servait aussi de touches directionnelles ! Mais on fait comment le jour où le joystick rend l'âme ?!

joystick-integre-spectravideo.png
Le fameux joystick intégré !

Le hardware tire ses origines de la console CBS Colecovision (il est d'ailleurs possible de jouer aux jeux Coleco via un module d'extension), et on notera qu'il est assez proche du futur standard MSX. Normal, c'est un prototype de MSX. Kay Nishi de ASCII a fait la tournée des constructeurs au Japon avec ce SCI 318 en le présentant comme "le standard de demain".


Les caractéristiques de la machine sont correctes pour l'époque : un Z80 à 3.6Mhz, 32Ko de RAM, des capacités graphiques et sonores standard (256*192, 16 couleurs, sprites, 3 canaux), un basic de type Microsoft en ROM, et même un port cartouches. Il a tout pour plaire, sauf son clavier gomme ! Hélas pour lui il aura du mal à s'imposer face au Commodore 64 et à l'Atari XL.

[MICRO 8 BIT] Les ordinateurs Spectravideo

Une nouvelle version suivra juste après, le SV318 MK2, avec de nouvelles couleurs (plus tristes) et un hardware optimisé.



Résumé des caractéristiques :
CPU : Z80A à 3.579 MHz
RAM : 32 Ko
ROM : 32 Ko
Graphisme : 256x192 en 16 couleurs, 40x24 caractères
Son : 3 canaux + 1 pour le bruit blanc AY-3-8912
Deux ports manette, port cartouche, port d'extension



SV 328

 
Le SVI 328 est un relookage du 318 avec un clavier mécanique (ouf !) et un pavé numérique, le fameux joystick intégré à disparu. Il est visuellement moins fun mais plus crédible. Il existe également une version MKII de ce modèle (meilleure intégration pour réduire les coûts et un basic version 1.1).


Un full-set Spectravidéo à l'époque !

LES JEUX

Spectravideo proposera des jeux "maison" sur cassette et cartouche. Des jeux largement inférieurs à ce que proposait le Commodore 64 ou l'Atari XL. Spectravideo n'a pas obtenu beaucoup de support des éditeurs tiers, donc pas de miracles à attendre ! Ça ira mieux un peu plus tard avec le soutiens de Konami et Coleco, mais il est trop tard.

boites-jeux-spectravideo.png
Le design des boites de jeux Spectravideo

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Spectron de Spectravideo, un clone de Space Invaders

knightmare-spectravideo.png
Kightmare ! Konami soutient un peu le Spectravideo !

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Zaxxon, proposé par Coleco/Buggy Software

spectravideo-pub.jpg
Meet the Challenge ? Sans grosse licence pas évident !


 

PARTIE 2 : SPECTRAVIDEO REJOINT LE STANDARD MSX

SVI 728



Tout logiquement le nouvel ordinateur de Spectravideo, le SVI 728, sera donc un MSX. Si vous voulez tout savoir sur la génèse du standard MSX c'est par ici :

http://gamopat.com/article-msx-la-genese-118527639.html

Il est donc bien sûr entièrement compatible avec le standard Américaino-Japonais créé par Microsoft et ASCII. Les caractéristiques restent très proches des anciens modèles mais la RAM est désormais de 64Ko... Avec ce modèle il sera donc possible de jouer à tous les jeux MSX.


SVI 738 X-PRESS



Le X'Press est un 728 équipé d'un lecteur de disquette et d'une poignée de transport qui sert également à incliner le clavier ! Ce modèle est difficile à trouver, car jamais sorti en France. A priori on le trouverait plus facilement en Pologne et en Australie !

SVI-738.png
Le lecteur de disquettes 3 1/2

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La poignée de transport !

 


SVI 838 X'Press 16



Très rare, le SVI 838 est le dernier micro-ordinateur de Spectravideo. Sorti en 1986 c'est un mélange hybride de PC et de MSX 2 ! La machine est livrée avec le MS DOS 2.11 et le Enhanced GW-Basic, compatible avec le basic du MSX2.

Il ne devient réellement compatible MSX qu'avec l'adaptateur SVI 811 qui permet de connecter les cartouches MSX et qui dispose de ports manettes au standard MSX.

Microprocesseur : Intel 8088 4,77MHz
OS : MSX + MSDOS 2.11
RAM : 256Ko (jusque 640Ko)
ROM : 8ko
Video : CGA 16Ko + Texas Instruments TMS9918A
640 x 200, 2 couleurs (CGA)
256 x 212, 256 couleurs (MSX2)
512 x 212, 16 couleurs (MSX2)
Son : AY-3-8910
Lecteur de disquettes 5.25" 360KB
Clavier 83 touches


LES ACCESSOIRES SPECTRAVIDEO


Jouez aux jeux Colecovision sur votre Spectravideo 318 & 328 !

SVI-102M : joystick Quickshot I2
SVI-105M : tablette graphique
SVI-107M : carte joystick Quickshot 7I
SVI-109M : trackball Quickshot 9
SVI-213 : contrôleur floppypour SVI-707
SVI-603 : Module Colecovision
SVI-707 : floppie 5.25" simple face
SVI-709 : carte réseau
SVI-727 : carte 80 colonnes
SVI-747 : extension 64ko de RAM
SVI-757 : interface RS-232C 
SVI-767 : lecteur de cassettes
SVI-1400 : lecteur de cassettes
SVI-787 : floppie externe 3.5" 360Ko (SVI-738)
SVI-808 : modem
SVI-811 : adaptateur de cartouche MSX1 (X'Press 16)
SVI-2000B : bras robotisé 
SVI-3000 : imprimante

Comme vous le savez le standard MSX sera au final un échec. Spectravideo en grosse difficulté sera racheté par Bondwell en 1988, et le nom commercial sera ensuite acheté par une boite UK, Ash & Newman. Cela restera une gamme d'ordinateurs qui en tout cas était très séduisante, qui avait de la gueule, largement au dessus de la moyenne techniquement, et qui aurait peut être méritée plus de succès.

MAJ du 15/01/2015

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[MICRO 8 BIT] LE TI-99 DE TEXAS INSTRUMENTS

Publié le par Dr Floyd

MAJ du 05/01/2015

C'est en juin 1979 que Texas Instruments, entreprise d'électronique fondée en 1941 à Dallas (ton univers impitoyable), présente le TI-99/4leur premier ordinateur familial.

ti99-photo-famille.jpg
La famille américaine épanouie grâce à l'arrivée du Ti-99 au foyer !


LE TI-99/4

Un micro-ordinateur plutôt cher : 1150$, c'est quasiment le prix de l'apple II. Il est cependant équipé d'un puissant processeur 16 bit doué en calculs mais hélas sous-exploité par le basic (non programmé en assembleur) qui sera d'une lenteur affligeante ! C'est vraiment ballot ! Autre soucis : le clavier n'est pas mécanique et n'est vraiment pas de bonne qualité. Génant pour un produit assez cher. Point positif : la présence d'un port cartouche.

 




LE TI-99/4A

Deux ans plus tard son petit frère arrive : Le TI-99/4A. Il sort en juin 1981 pour 525$. Le 'A' faisant référence au nouveau processeur graphique (puce TMS9918A) qui gère le mode bitmap.

Quelques défauts sont corrigés comme la clavier désormais mécanique, le nouveau processeur graphique et le prix revu bien à la baisse. Le basic, amélioré, reste cependant honteusement limité et très lent. Il faudra acheter la cartouche Basic Etendu pour pouvoir faire des choses intéressantes comme du dessin et des sprites. Un basic qui restera le talon d'Achille du Ti-99, et c'est vraiment dommage. A noter aussi des manettes de jeux spécifiques (non compatible Atari) proposant une prise en main et une précision catastrophiques. 


[MICRO 8 BIT] LE TI-99 DE TEXAS INSTRUMENTS

CARACTERISTIQUES PRINCIPALES DU TI99/4A
- Microprocesseur 16 bits cadencé à 3,3 MHz (le TMS9900),
- 26Ko de ROM, basic intégré,
- 16Ko de RAM,
- Résolution texte : 32x24 caractères,
- Définition graphique de 256x192 en 16 couleurs,
- Clavier mécanique,
- entrée cartouche,
- un port manette (non compatible ATARI)

16 bit ! Bordel de sprite ! C'est très très impressionnant à l'époque sur le papier. Mais hélas c'est un vrai-faux 16bit. Mandrake, membre de Gamopat, et spécialiste du Ti-99, nous explique pourquoi :

"La carte mère a été optimisé pour le processeur TMS9985 mais suite a des soucis techniques, le microprocesseur fût remplacé par un TMS9900 sur une carte mère non adapté pour celui-ci donc traitement sur 16 bits, mais adressage de la DRAM sur 8 bits, on passe d'une autoroute 4 voies à deux voies. Avec un TMS9985 le TI-99/4A serait certainement à l'époque la référence en micro-ordinateur."

Donc ce processeur n'apportera en fait aucun réel avantage à l'utilisateur lambda par rapport aux ordinateurs 8 bits : les jeux commercialisés par Teax Instruments étaient souvent sommaires, et ceux des éditeurs tiers pas forcement meilleurs que sur les ordinateurs concurrents comme l'Atari 800.



Bill Cosby, superstar à l'époque, fera la pub du Ti99 aux USA


LA GUERRE TI-99 Vs Vic 20

En août 82 la bagarre commerciale fait rage aux USA avec le Vic 20 de Commodore. Il devient alors possible d'avoir un Ti-99/4A pour 200$ : les ventes explosent ! le Ti99 devient leader des ordinateurs à la maison. Mais a quel prix ? Ce n'était plus rentable face à un Vic 20 qui fini par passer à 125$ puis 99 $ !!! S'en est suivi en plus un problème de fabrication... la firme renonce alors et la production s'arrêtera en décembre 1983 un peu à la surprise générale ! Texas Instruments s'en retournera au monde professionnel et aux calculatrices. Commodore a gagné la guerre, et peut conquérir tranquillement les USA, puis le monde, avec le remplaçant du Vic 20 : le Commodore 64.

L'ordinateur sera bradé en France aux alentours de 1200 francs, c'est là que les ventes vont décoller sur notre territoire, une fois que tout est fini ! 83 000 machine auraient été vendues chez les fromages qui puent. Et je fais parti de ces "heureux" acheteurs, quelques jours avant l'abandon... Certes totalement dégouté, mais heureux quand même d'avoir pu m'initier à l'informatique dessus. Et la communauté TI-99 en France restera très active encore 1 ou 2 ans, avec par exemple de nombreux listings basic publiés dans le fameux canard Hebdogiciel, et des jeux et accessoires trouvables par achat-correspondance.


Incroyable : un Ti99 pour 110 £ !

Au final cet ordinateur n'a pas trop marqué les esprits du grand public en France et reste assez méconnu des rétro-gamers : peu de logiciels de jeux et disparu avant la grande vague vidéoludique sur micro de 1983-1984 (Commodore 64, Spectrum, Oric, Amstrad CPC...). Par contre le Ti99/4A reste culte pour les plus anciens, et pour les familles américaines car il existait de nombreux jeux éducatifs sur cartouche.
 



L'ecran d'accueil du TI99/4A... Classe...


Les manettes du TI99... affreuses ! La prise en main est vraiment catastrophique !



Il existait même un synthétiseur vocal, le Speech Synthesizer, à brancher sur le port d'extension avec un vocabulaire de 373 mots (en anglais). Le gadget ultra classe ! De nombreux jeux éducatifs utiliseront ce module, ainsi que quelques jeux dont Parsec.



JEUX

L'essentiel de la logithèque est sur cartouches. Parsec est certainement le plus connu et le plus célèbre des jeux produit sur TI-99, c'est un excellent jeu de shoot à scrolling horizontal. > voir mon test. A noter une assez bonne adaptation "maison" de Space Invaders avec TI INVADERS.

Du coté des éditeurs tiers les classiques de Parker Brothers et Imagic seront adaptés comme Popeye, Super Demon Attack ou Micro Surgeon. Quelques rares adaptations par Atari ou Sega également comme Dig Dug ou Buck Rogers Planet of Doom. Des jeux très difficiles à trouver en France. L'adaptation arcade la plus géniale étant sûrement Donkey Kong, un jeu sublime ! Il y avait donc de quoi s'amuser mais pas facile de trouver les cartouches en France.


Parsec de Texas Instruments (1981), le jeu référence !


Une fabuleuse version de Donkey Kong proche de l'arcade !


L'excellent Popeye de Parker


Tutankham de Parker


TI Invaders de Texas Instruments



Dig Dug de AtariSoft


Wing War de Imagic, avec des graphismes plus élaborés



 


Le Ti99 au complet : "ca arrache" quand même !



Fin 1985, le TI99 a disparu depuis bien longtemps mais certains magasins continuent à proposer du matériel "au rabais"...  Qui veut une unité disquette 360K au prix de 6500 F ?! LOL



LE TI 99/8

Il existe un prototype du remplaçant du Ti99/4A : le Ti99/8. Celui ci devait être équipé de 64Ko de RAM, avec le synthétiseur vocal intégré, un basic étendu en ROM, et un processeur cadencé à 10Mhz (tout en restant compatible 99/4A). Hélas cette machine de rêve ne verra jamais le jour.

ti99-8.gif

> Un article US lié à ce proto

ACHAT UTILE OU PAS POUR UN RETROGAMER/COLLECTIONNEUR ?

Pour un retrogamer, non, si vous voulez gouter aux joies de la micro 8bit en cartouches mieux vaut investir dans un Atari 800XL (plus de jeux, de meilleure qualité) ou un MSX (pour les jeux Japonais). Pour un collectionneur, oui, car c'est une pièce maitresse des années 80-83.

VALEUR SUR LE MARCHE DE L'OCCASION ?

Le Ti-99 "circule" bien en France, il est assez facile d'en trouver un sur Ebay, LeBonCoin ou Gamopat. En 2015, 30€ me semble un bon prix pour l'unité centrale seule, ou 50€ pour l'ordinateur complet en boite. Beaucoup de jeux sont trouvables à moins de 10€, mais faites attention, ne prenez que les valeurs sûres car il y a beaucoup de daubes. Allez voir sur le marché US pour trouver plus facilement ces jeux.

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[MICRO 8 BIT] L'Einstein de Tatung, toi aussi deviens un génie !

Publié le par Dr Floyd

1984, la soupe à l'overdose de la micro 8 bit ! Un nombre impressionnant d'ordinateurs tous incompatibles sont sur le marché.... un peu comme si aujourd'hui il y avait 40 consoles différentes en vente ! Et on se demande alors si il faut investir dans du connu comme Oric, Atari XL, Apple, Commodore, Spectrum, Thomson... où alors se tourner vers les petits nouveaux qui n'en veulent avec leurs produits souvent alléchants.

Et c'est dans ce contexte que Tatung (firme de Taiwan) sort en Angleterre (de son usine de Bradford) un micro-ordinateur appelé en toute modestie le EINSTEIN. Il débarque durant l'été 1984 avec un moniteur monochrome ou couleur en option. Avec le Einstein vous alliez devenir un as en astrophysique ! E=MC2 ?

[MICRO 8 BIT] L'Einstein de Tatung, toi aussi deviens un génie !

Equipé d'un processeur Z80 à 4Mhz, de 64Ko de RAM, d'une définition de 256x192 en 16 couleurs, avec des sprites en hardware (s'il vous plait !), d'un très bon clavier, de 3 voix sur 7 octaves, il se rapproche fortement du MSX (sans être compatible). Il dispose en outre d'un lecteur de disquettes 3 pouces intégré, chose encore très rare à l'époque. Bref, un ordinateur quelque part entre le MSX (capacités), l'Apple 2 (forme) et l'Amstrad CPC (packaging) !


On récapipète les caractéristiques de la bête :
CPU : Z80a 4MHz
RAM : 64Ko
ROM : 8ko
VRAM : 16Ko
Vidéo : Texas Instruments TMS9129
Définition graphique : 256x192 en 16 couleurs, 32 sprites
Son : 3 voix sur 7 octaves

[MICRO 8 BIT] L'Einstein de Tatung, toi aussi deviens un génie !

Sur le papier cette machine a toutes les qualités pour s'imposer sur le marché vidéo-ludique, mais elle connaîtra malgré tout l'échec, comme la plupart des constructeurs. En fait le prix est trop élevé (499£ sans moniteur) pour toucher un vaste public, et puis débarque en même temps un "jeune loup" : Alan Sugar et sa gamme Amstrad CPC, pur produit britannique, qui fait exploser les prix ! La concurrence est alors impossible.

Un Einstein complet en boite, pas facile à trouver en brocante !

Un Einstein complet en boite, pas facile à trouver en brocante !

LES JEUX

Très peu de jeux sortiront sur ce cette machine vu les faibles ventes et sa courte existence, à noter quand même Chuckie Egg, Knight Lore, le fameux Elite (simulateur de combat et commerce spatial), la série Zork de Infocom... et toute une série de jeux inconnus édités par Tatung.

[MICRO 8 BIT] L'Einstein de Tatung, toi aussi deviens un génie ![MICRO 8 BIT] L'Einstein de Tatung, toi aussi deviens un génie !

L'EINSTEIN 256

Dieu ne joue pas aux dés, mais Tatung si ! Ils tenteront de relancer l'affaire en 1985 avec un deuxième modèle,le Tatung Einstein 256, plus compact, avec un lecteur 3 pouces sur le côté façon CPC, et avec 256ko de RAM, dont 192Ko de VRAM ! Une machine donc très impressionnante graphiquement avec un mode 512x424 pixels ! A priori la compatibilité avec l'ancien modèle est proche de 100%, mais pas totale.

Un look un peu étrange quand même, je préfère de très loin le premier modèle !

Un look un peu étrange quand même, je préfère de très loin le premier modèle !

Mais c'est peine perdue.... En Europe le C64 de Commodore et l'Amstrad CPC dominent le marché, et la micro 8 bits est déjà bientôt has-been... L'avenir appartiendra bientôt à l'Amiga et à l'Atari ST, du moins pour quelques années.

Une machine qui sera distribuée en France. J'avais personnellement bien repéré cet ordinateur en 1985 chez Boulanger, désirant acheter un nouvel ordinateur équipé d'un lecteur de disquettes (le luxe absolu)... Avec son lecteur intégré et son écran personnel j'avoue avoir été séduit aussitôt. Cependant l'absence de jeux en vente, et le prix de l'ensemble, m'ont vite fait abandonner cette idée, et je me suis tourné vers le moins sexy CPC664, mais à l'avenir un peu plus lisible, le CPC464 ayant déjà fait ses preuves...

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[MICRO 8BIT] La gamme de micro-ordinateurs Victor / Hector

Publié le par Dr Floyd

MAJ de l'article du 12/08/2007

Un certain Michel Henric Holl, tel Christophe Colomb, découvre lors d'un voyage aux USA la société Interact qui a conçu le micro-ordinateur Family Computer Model I, un ordinateur basé sur le processeur 8080A de Intel, avec 16Ko de RAM, 2Ko de ROM et un lecteur de cassettes audio intégré.

De retour en France il monte en 1980 sa société, Lambda Systems, dans le but de distribuer Interact en France. Il renomme l'ordinateur Victor Lambda. Sauf que... Interact croule !!! Et du coup Lambda Systems également faute de partenaire pour reprendre la fabrication. Mais l'histoire ne fait que commencer.

Fin 1981, la société Micronique, un sous-traitant électronique,  rachète l'affaire et devient l’unique propriétaire. Une filiale est créée, Victor Lambda Diffusion, pour assurer la diffusion des ordinateurs.

En 1983, Micronique se voit obligé de renommer sa gamme sous le nom d’Hector pour éviter la confusion avec l’ordinateur Victor Sirius 1 de Victor Technologies aux USA. C'est bon vous avez tout suivi ?

 



Voici les différents modèles de la gamme Victor / Hector :


Victor Lambda (1980)
Identique au modèle US : Intel 8080A, 16Ko de RAM, 2Ko de ROM (basic optionnel en ROM de 14Ko) La définition graphique est de 112x77 et 10x17 en texte (drôle de définition !). Le clavier des premiers modèles sera de type calculette avant de devenir mécanique. Des capacités réduites qui ont font un ordinateur d'initiation.




Victor Lambda 2 / rebaptisé Hector I (1981)

Cette fois ci l'ordinateur est basé sur le processeur Z80 à 5Mhz. Les caractéristiques restent inchangées.
Le look est quand même bien sympa (avis perso).


Victor Lambda 2HR / rebaptisé Hector HR (1983)

La gamme monte en puissance avec ce modèle : 48Ko de RAM, basic en ROM 16Ko et des graphismes de 243x231 pixels en 4 couleurs, d'où le nom de 'HR' pour haute résolution ! A nouveau une définition graphique pour le moins originale...


Victor Lambda 2HR+ / rebaptisé Hector HR+ (1983)

Le clavier est francisé (AZERTY) et la ROM améliorée pour assurer une meilleure compatibilité. Mais bon il n'en fait pas vraiment "plus" ;)


Hector HRX (1984)

Sorti en 1984, il dispose de 64Ko de RAM et embarque le langage Forth en ROM (assez inédit ! Un drôle de choix !) à la place du traditionnel basic des modèles précédents.


Hector MX

Curement conscient de son erreur avec le langage Forth, voici le modèle MX sorti en 1985 : il est identique au modèle précédent sauf qu'il embarque cette fois ci en ROM le Forth, le Basic et l'assembleur, là c'est sympa ! Sauf qu'il est déjà trop tard, la gamme Hector fait un flop. Le modèle MX est du coup très rare et quasi introuvable.


Le HF-B2000 

Un Hector MX recarrossé, très très rare... Il visait à priori le Plan Informatique pour Tous...


FLOP

Pas de suspens, je l'ai déjà dit plus haut, la gamme Hector ne connaitra pas le succès. La situation de Micronique devient rapidement critique et de plus ils loupent le fam... fumeux Plan Informatique pour Tous de Fabius qui revient à Thomson. La gamme Hector ne trouvera jamais son public, le marché français étant dominé par les TO7/MO5/ORIC puis par le petit nouveau, Amstrad, qui va tout bouffer. Et puis les gamers se tournent bien sûr vers les Commodore 64 et autre Atari XL, les stars US du marché.

La production s'arretera courant 1985. Amen.

 



LES DIFFERENTS LOGICIELS DE LA GAMME HECTOR :

Avec des capacités graphiques réduites et l'absente totale de gros développeurs anglais et US, la logithèque de la gamme Hector est plutôt triste et sans la moindre saveur. La plupart des jeux sont des clones maladroits de jeux d'arcade.

JEUX VIDEO 
Asteroid
Auto Lumière (L')
Backgammon
Baroudeur (Le)
Base spatiale
Bataille navale
Black Jack
Bombardement
Caverne des lutins
Chatbyrinthe
Chenille (La)
Combat
Contratac
Cow-boys
Desert des Tartares
Dédale
Dog Fight
Dragon du donjon (Le)
Encerclement
Envahisseurs (Les)
Etoile noire
Extension Glouton
Flipper
Formule 1
Fractions simplification
Furet (Le)
Galaxius
Glouton (Le)
Goofy golf
Grenouille
Hector - Man
Hector Mémoire
Hep taxi !
Hibou Taquin
Jeep lunaire
Laby 1
Le manoir d'Alba
Le pendu
Life
Logicase
Micro chess
Micro Yatse
Minor
Montlhery
Mur de briques (Le)
Oversea
Pengo
Piège
Piranhas
Poker elan
Poursuite
R-Bert
Regates
Reversi Othello
Sous marin
Space Opera
Star-Track
Stramble
Strip 21
Turbo
Vautours
Video Chess
Volley - Ball

hector-rbert.png
R-Bert, clone de Q-Bert

hector-pengo.png
Pengo, autre clonage d'un célèbre jeu d'arcade


UTILITAIRES
Colbert
Colorimage
Cuisine et recettes : Le poulet
Facturalgor
Fêtes et anniversaires
Fichier Multiusages
Gestion de chéquiers
Livre de banque
Multi translateur
Polygraphe
Pyrenetexte Hector
Pyrénécran
Réglage Azimut
Répertoire
Videocalc 1
Videograph 

EDUCATIF
Addition
Calcul mental
Dé plus deux
Entrainement au calcul
Hector géo
Identités remarquables
Micro Dico
Mots et chiffres
Orthographe
Participe passé
Relatifs
Relations
Tic tac math
Tirages
Tour de France en avion (Le)
Toute la conjugaison

PROGRAMMATION
Adaptateur Basic III pour HRX
Assemblex Z80
Basic // Printer
Basic 3X
Basic bilingue
Basic Edit HR
Basic Graphique
Basic III
Editeur FORTH pleine page
Edu Basic

[MICRO 8BIT] La gamme de micro-ordinateurs Victor / Hector

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Le ZX81, le « Mulet » de l'informatique familiale

Publié le par XavSnap

Le ZX81, le « Mulet » de l'informatique familiale

Le ZX81. A l'époque, le Commodore 64, l'Oric et ses copains faisaient passer ce micro pour un « jouet » technologique. Le Zx81 était «pourri» et inutilisable. La honte d'avoir possédé une telle machine ? Il fallait vite passer à autre chose ? N'allons pas si vite !

Bon ok le tableau n'est pas folichon, le ZX81 n'est pas une bête de course :

- Processeur Z80A,
- Une mémoire de 1Ko, dont 0,7 réellement utilisable,
- Pas de son,
- Un affichage noir et blanc tramé de mauvaise qualité,
- Un clavier merdique : programmation par fonction indirectes avec cumul de touches, et saisie asynchrone,
- Un jeu de 64 caractère écran (128 en vidéo inversé), non modifiable,
- Un Basic très lent.

Pour un prix de 650fr.

1Ko de RAM. Il existe peu de machines ayant des programmes plus court que le nombre de caractères de la notice du même programme :) La volonté d'étendre les possibilités de l'ordinateur ne passait pas par l'achat de gros périphériques, l'extension mémoire 16k (OBLIGATOIRE) coutait 450fr, et suffisait pour transformer la machine.

Le ZX81, le « Mulet » de l'informatique familiale

Le couteau Suisse

Ce qui est intéressant avec le ZX81, ce n'est pas ses performances, mais son utilisation. Garagistes, menuisiers, profs ou écoliers.... tous ont été attiré par cette machine pour son faible prix... et l'ont utilisé pour des applications qui leurs ressemblent. Il est marrant de constater l'usage qui en a été fait : programmes de dépannage, de tissage, de calcul de moyenne d'élèves, de débit de planches !!! Donc, machine limitée, mais imagination débordante. Chacun avait « Sa » vision de l'informatique, et cette machine était un terrain fertile pour l'imagination des utilisateurs.

Avec ces possibilités si limitées, le ZX81 était le "couteau suisse" de l'informatique familiale. Et à ce prix là, c'était une machine de transition vers un ordinateur plus performant. Le Zx81 fût donc une machine qui éduqua bon nombre de passionnés à l'informatique... et qui peut encore éduquer aujourd'hui....

Le ZX81 a toujours inspiré les programmeurs amateurs du N°1 jusqu'au dernier numéro de Hebdogiciel

Le ZX81 a toujours inspiré les programmeurs amateurs du N°1 jusqu'au dernier numéro de Hebdogiciel

Les rétro-programmeurs, l'Art de ce compliquer la vie à faire des jeux simples !

Que faire quand on a pas de son, pas de couleurs, 1ko de mémoire MEV (Mémoire Vive=RAM) et 8Ko de MEM (Mémoire Morte=ROM) comme on disait à l'époque, 64 caractères graphiques non modifiables, pour une mode graphique de 64x32 !

Et en réalité la version de base de cette machine n'offrait que 866 caractères utilisables !
Cependant, comme je le disais plus haut, la carte d'extension mémoire de 16K changeait tout ! Il était alors possible de créer de « gros » programmes Basic ou assembleur. L'utilisation de l'assembleur était un passage obligé pour tout Zédixien qui se respectait et qui voulait réaliser des programmes puissants.

Les programmes Basic sur Zx81 étaient lents, avec des animations saccadées. Le passage à l'assembleur était spectaculaire et de nombreux programmeurs ont franchi le cap. D'autres recopiaient les programmes assembleur sans rien y comprendre, avec des nombres de 0 à 255, saisis les uns à la suite des autres. Cela avait quelque chose de magique et mystérieux, qui à la fin fonctionnait... ou pas. La satisfaction d'avoir taper le jeu sans erreur primait sur le fait de jouer ! D'ailleurs, une fois le jeu tapé, les heures de débogage nous suffisaient et le jeu lui même nous lassait. C'est comme cela que j'ai tapé de nombreux jeu sans réellement y jouer !!!

Toutes ces limitations imposent un cahier des charges qui "terrorisent" les programmeurs. Pas assez rapide, comment créer des personnages avec de gros pavés, comment faire entrer le décor dans 16Ko, etc... Le jeu n'est qu'une résultante de la réflexion sur le contournement de nombreux problèmes techniques imposé par la machine. Le but n'est pas tant de faire un bon jeu... mais de créer de bonnes routines assembleur ! Et c'est ça qui est génial.

Créer des programmes de jeu sur cette machine plus de 30 ans après sa sortie est un retour aux sources pour mieux appréhender les bases de la programmation. A l'heure du gaspillage de ressources, de graphismes hyper-réalistes et de scénarios compliqués, il est bon de revenir aux fondement même du jeu et de la programmation. Réapprendre la simplicité et refaire fonctionner l'imaginaire à l'état brut.

Le ZX81, le « Mulet » de l'informatique familialeLe ZX81, le « Mulet » de l'informatique familialeLe ZX81, le « Mulet » de l'informatique familiale

Avec la programmation sur Zx81, on oublie tout le superflu et on ne garde
que les fondements même du jeu ! Pour mieux apprécier cette "simplicité", vous pouvez lancer des jeux pour Zx81 sur émulateur (voir le guide de l'émulation ZX81 ci-joint). Rendez-vous sur le site Hebdogiciel et téléchargez les programmes. Une petite centaine de jeux que j'ai tapé vous y attendent.

http://www.hebdogiciel.fr/ZX81.htm

Vous pouvez aussi aller découvrir mes propres réalisations sur ma page internet :

http://zx81.ordi5.free.fr/xavsnap/

Le ZX81, le « Mulet » de l'informatique familialeLe ZX81, le « Mulet » de l'informatique familiale

Voilà ! Et peut-être que tout cela vous donnera envie de découvrir les bienfaits de la programmation ancestrale !?

Guide de l'émulation ZX81

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GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

Publié le par Eric Boez

Nous connaissons tous lʼhistoire de Steve Wozniak et Steve Jobs, qui en 1976 fabriquaient lʼApple 1 dans le garage de Jobs ! Cinquante Micro Ordinateurs assemblés à la main par de jeunes et quasi-insouciants beatniks, entre les Cokes et les Pizzas.

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

On peut penser ce que lʼon veut dʼApple aujourdʼhui, mais ceux là ont été des pionniers de la micro- informatique, des découvreurs plus que des inventeurs à une époque où tout restait à construire.

Qui nʼa pas rêvé de ressentir, cette sensation de pionnier, ce sentiment de réaliser quelque chose dʼunique, dʼêtre le premier à fouler une terre inconnue ?

A bientôt quarante quatre ans, jʼai grandi en même temps que la micro-informatique, cela fait parti de mon univers et je suis fier dʼavoir vécu cette révolution, qui en 40 années a bouleversé les habitudes et fait évoluer le monde. De jouet, le micro-ordinateur est devenu lʼoutil incontournable du 21ème siècle.

Jʼai vécu cette évolution. Vous avez vécu cela aussi. Vous étiez dedans, vous faite partie de lʼhistoire. Dans 50 ans les gens parlerons de notre génération comme celle qui à vécu la révolution informatique, comme aujourdʼhui on parle de ceux qui ont vécu la révolution industrielle au 19ème siècle.

Toute fois, je ne peut mʼempêcher de penser que je suis né un peut trop tard, jʼaurai voulu être de ces découvreurs qui assemblaient des morceaux de silicium sur des plaque en plastique et par la magie de lʼélectronique donnaient naissance à un micro-ordinateur. Jʼaurai voulu être de ceux là, qui imaginaient le futur, plutôt que de le subir...

Aujourdʼhui cʼest un peut de cette magie, de cette frénésie que je veux vous procurer en vous proposant de construire vous même votre micro-ordinateur 8bits. Notre siècle à ceci de particulier quʼil permet de mettre à disposition du plus grand nombre des technologies compliquées.

Vous connaissez sans doute déjà Arduino ou Raspbery Pi, des ensembles de modules électroniques qui, une fois assemblés et programmés, peuvent se transformer en autant de gadgets utiles ou inutiles, voir en mini-ordinateurs. Mais connaissez vous GR8BIT ?

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

GR8BIT est un concept unique de micro-ordinateur vendu entièrement en kit. Quand je dis en kit, ça ne veut pas dire sous formes de cartes, ou de circuits imprimés déjà construits et prêt à être assemblés, à la manière dʼun PC. Non ! Vous aurez à souder vous même tous les composants sur les circuits imprimés, les assembler, programmer les eproms, et comprendre un minimum le fonctionnement dʼun Micro-ordinateur. Tout est inclus (sauf les outils). Tous les composants, processeurs, mémoires, résistances, condensateurs, circuits imprimés, plans...

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

Vous nʼaurez quʼà suivre les instructions à la lettre pour construire et assembler vous même votre micro- ordinateur 8bits, et, entre deux vapeurs de soudure dʼétain, peut être que vous aurez un peut ce sentiment dʼêtre Steve Wozniak en 1976 sur son Apple1 !

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

Un micro 8bits pleinement fonctionnel, oui mais un MSX !

Au terme de lʼassemblage, des différentes cartes, vous pourrez placer lʼensemble dans une Tour PC au format ATX. Vous aurez alors , entre les mains, un micro- ordinateur 8bits pleinement fonctionnel. Et surtout, pas nʼimporte quel ordinateur 8bits ! Mais celui qui est sans doute le meilleurs 8bits de sa génération, un MSX2 !

Un MSX2 complet, puissant, pouvant même évoluer en MSX2+ par un simple changement de processeur graphique. Toutes les extensions sont possibles, notamment lʼajout dʼun disque dur !

Et bien entendu, toute la ludothèque MSX est accessible, autant en disquettes, quʼen cartouches, vous aurez alors tout loisir dʼexplorer les formidables jeux Konami ou de vous essayer à la programmation sur le puissant Basic Microsoft.

Qui, quoi, comment ?

Derrière le GR8BIT il y a Eugeny Brychkov, un ingénieur Russe. Déjà à ces deux mots, mots « Ingénieur Russe » mon imaginaire encore connecté aux années 80 sʼemballe et des images de Soyouz, MIG29, Gorbatchev, Guerre Froide se bousculent dans ma tête !

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

Pourtant il nʼy aura pas de guerre froide avec Eugeny ! Ce très sympathique ingénieur reste à lʼécoute de vos besoins, sais se mettre au niveau de son interlocuteur et, il est toujours prêt à vous filer un coup de main.

Lui qui dès lʼâge de 8 ans démontait des radios et des horloges, est tombé dans le chaudron magique de la micro-informatique à lʼâge de 12 ans quand dans son école 16 Yamaha Yis503II furent installés. Car oui, le MSX malgré son semi-échec mondial, était présent dans lʼex-URSS, qui a vu dans ces machines un fort potentiel éducatif. Cʼest plusieurs centaines de milliers dʼordinateurs MSX qui ont été installés dans les écoles à une période ou nous autres français faisions connaissance avec le programme « Informatique pour tous » et ses Thomson MO5 et autre TO7.

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

Des jeux comme Kingʼs Valley ou Knightmare ont fait le bonheur du jeune garçon. Mais, système éducatif oblige, les micro- ordinateurs nʼétaient ni équipé dʼenceintes, ni de joystick. Pour pallier à ces déficits, Eugeny construisit lui même un système audio portatif sur pile 9V, puis fabriqua son propre joystick... avec autofire !

Au fil des années il construisit différents appareils, et spécialisa ses études dans lʼinformatique jusquʼà devenir diplômé en Science de lʼinformatique à lʼuniversité de Moscou.

GR8BIT: Fabriquez votre micro-ordinateur 8 bits !

Cʼest en devenant lui même enseignant quʼil se rendit compte des points faibles du système éducatif dans les domaines de lʼinformatique, et cʼest pour pallier à cela quʼil imagina le GR8BIT. GR8BIT est avant tout un kit pensé pour lʼapprentissage des sciences de lʼingénieur, et de lʼinformatique. Avec une approche très didactique et surtout en privilégiant le « Do It Yourself » , GR8BIT est une approche en douceur, et très valorisante de la conception de hardware informatique.

[Un GR8BIT assemblé, Fonctionnel]

[Un GR8BIT assemblé, Fonctionnel]

[Un GR8BIT dans un boitier ATX]

[Un GR8BIT dans un boitier ATX]

Très documenté, extrêmement facile à suivre, tout le monde est capable de monter un GR8BIT, même avec très peut de connaissances en électroniques. Fabriquer soi même son micro-ordinateur, le bichonner, lʼassembler, le customiser est véritablement une expérience unique.

Avez vous lʼâme dʼun pionnier ? Fabriquer votre propre machine est il lʼun de vos rêve ? Cʼest à votre portée. Nʼhésitez pas à contacter Eugeny Brychkov et son équipe si vous avez des questions ou interrogations... Rendez vous sur le site : http://www.gr8bit.ru

Moi je retourne à mon fer à souder, me respirer une petite vapeur dʼétain ... humpffff !

Eric Boez (c) Décembre 2013

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Zemmix Neo : La console MSX de 2013 !

Publié le par Ericb59

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Le MSX, le standard dʼordinateurs 8bits imaginé par Microsoft et Ascii est né en 1983 (voir notre dossier). Promis à un avenir radieux le MSX ne connu pas le succès mondial qui lui était pourtant destiné, et déjà en 1987 le standard était mort en Europe. Il survécu jusquʼen 1992 au japon, par le biais de plusieurs déclinaisons (MSX2+ et MSX TURBO-R) , puis sʼen fut fini et le MSX rejoint le cimetière des 8bits...

Pourtant, les machines MSX laissèrent une emprunte indélébile dans lʼesprit des utilisateurs, devenus pour beaucoup dʼentre eux des fans ! Cʼest en Corée, à Séoul, début 2013 que certains membre du «Gudakdari Forum» prennent la décision de célébrer les 30 ans du MSX en construisant une nouvelle machine MSX. Le nom de cette machine... le ZEMMIX NEO.

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Zemmix quoi ?

Zemmix est une marque coréenne détenue par Daewoo electronics, qui fabriqua des console MSX pour le marché coréen dans les années 80. Souvenez-vous... MSX cʼest un ordinateur ! Et bien les coréen ne sʼencombrent plus du clavier et des lecteurs de cassettes ou de disquettes, et construisent des machines dédiée au jeu... Ce sont les Zemmix CPC-50, CPC-51 compatibles MSX1, puis CPC-61 compatible MSX2 et enfin CPG-120 compatibles MSX2+ !

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Cʼest donc en hommage à cette marque mythique au pays du matin calme, que nos fans vont appeler leur machine la Zemmix Neo. Cʼest en mai 2013 que lʼoccident apprend la construction dʼune nouvelle console MSX, par le biais dʼun post sur le forum de «Msx.org» le site communautaire MSX le plus actif de l'hémisphère nord. Il nʼen fallait pas plus pour déchainer lʼenthousiasme de centaines de fans occidentaux, demandant à corps et cris comment ils pouvaient acheter cette nouvelle console MSX.

Le projet Zemmix Neo est né de lʼenvie et de la passions de fans, de se retrouver et de partager un projet commun. Il nʼétait pas question de vendre quoi que ce soit, ni de gagner de lʼargent... Chaque membre apporta ses compétences. Un budget conséquent fut réuni pour permettre la production de 100 consoles, uniquement pour les fans coréens ! Le coût de revient dʼune console étant estimé à plus de 300$.

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Devant lʼinsistance de dizaines de fans de tous pays, les concepteurs du Zemmix Neo acceptèrent de faire une production «spéciale» pour les fans occidentaux. Le boitier sera simplifier, moins de couleurs seront disponibles, mais les fonctionnalités resteront identique, le Zemmix Neo Lite est né. Une précommande est organisée au niveau mondial, et le coût de la console est ramené à 250$ (lors dʼun achat dʼun lot de 5 unités).

En seulement 2 mois nos fans coréens produisent 150 consoles Zemmix Neo Lite. Passant leurs week-end à assembler à la main les différentes pièces de la console, le travail est considérable ! Les consoles sont expédiées début juillet 2013 dans tous les coins du monde...

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Il faut mettre en avant le dévouement des membres du Gudakdari Forum, qui ont produits autant de machines avec pour seule motivation : faire plaisir aux fans ! En effet, le seul bénéfice financier quʼils ont réalisé à servi à organiser un dîner entre eux tous, pour fêter lʼarrêt de la production. Il faut noter que les éléments techniques nécessaires à la fabrications de cette console ont été donnés gracieusement à la communauté. Les plans des circuits imprimés, et les codes sources logiciels sont disponibles gratuitement ! Ce dévouement, et cette abnégation fait si souvent défaut à notre monde mercantile, que je me dois, ici, de les féliciter tous, et de leur adresser un grand BRAVO !

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En haut la Zemmix Neo. En bas la Zennix Neo Lite

Et comment ça marche ?

La Zemmix Neo est construite avec même Hardware que le OneChip MSX (OCM).
Le One Chip Msx fut lʼultime projet de la société ASCII (Maison Mère du MSX) en 2005, mais ce projet fut abandonné par manque de soutient financier. Récupéré par D4 Enterprise en 2006, cette société proposa une machine compatible MSX2 basée sur lʼimplémentation de tous les circuits dʼun ordinateur MSX au sein dʼune seule puce FPGA (un circuit logique programmable).

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Tout un MSX dans une seule puce, cʼest là la magie de la technologie ! Si à son lancement le OneChip MSX était juste un compatible MSX2, depuis, et grâce au soutient de talentueux programmeurs de par le monde (comme KDL un codeur italien), la machine est aujourdʼhui parfaitement compatible MSX2+, et propose en standard les fonctionnalités FM (Msx Music) et même le fameux son SCC des cartouches Konami.

La technologie du Zemmix Neo est donc en tout points identique avec le OneChip MSX. La console est donc pourvue de deux ports cartouches, 2 prises joysticks DB9, 2 ports USB, 1 entrée clavier PS2, et un port SD Card pour le stockage de masse. En sortie on a une sortie VGA, une composite, une S-VIDEO, et une sortie audio stéréo. Cerise sur le gâteau, un module Scanline est intégré, ce qui permet dʼavoir une image au look retro de télé cathodiquesur sur un écran LCD !

Branchez un joystick ou un clavier, insérer une cartouche MSX... et hop cʼet parti pour des heures de jeu endiablées. Bien entendu, la carte SD (limitée à 2 Go) peut contenir toute sortes de fichiers, roms, images disques etc... une petite commande sous MSX-DOS pour lancer un loader et cʼest toute la ludothèque MSX qui est à votre disposition.

Le Zemmix Neo (lite) est une petite machine de 23 cm sur 19, construite en aluminium brossée, assemblée à la main par des fans, pour des fans ! Jʼai la chance dʼen avoir un exemplaire, et cʼest un véritable plaisir que de lʼutiliser. Ce nouveau rejeton de la famille MSX fait honneur à ses ancêtres. La réussite de cet éphémère projet prouve quʼil est encore possible de nos jours, avec de lʼenthousiasme, de créer de belles choses dans un garage !

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Fiche technique :

Zemmix Neo - Zemmix Neo Lite
Console Compatible : MSX1, MSX2, MSX2+
Fonctionnalités sonores : FM - Msx Music, SCC+
Ram : 2048 ko
Processeur : FPGA - Altera Cyclone II
Systeme Dʼexploitation : MSX Basic 2.01 - MSX DOS 2.2
Port Cartouche : 2 ports
Port SD Card : 1 port (SD jusquʼà 2Go, Fat 16)
1 entrée clavier PS2, 2 port USB, 2 port Joystick DB9
Sortie écran : VGA, Composite S-VHS
Module Scanline intégré : modulable
Sortie Son Stéréo.


Année de production : 2013
Nombre dʼunités produite : Zemmix Neo 100 unités. Zemmix Neo Lite 150 unités.



Eric Boez Octobre 2013

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[DOSSIER] MSX, La genèse

Publié le par Ericb59

bill msx

Début des années 80, la micro-informatique entre doucement dans les foyers français. La micro-informatique cʼest moderne, personne ne sais exactement à quoi sert un micro- ordinateur à la maison, mais la promesse de rendre les enfants plus intelligents et surtout de les initier aux outils du 21ème siècle finit de convaincre les parents des classes moyennes. « Un ordinateur à la maison, il y aura ! »



En décembre 1984, le magazine Science et Vie Micro titre «50 ordinateurs familiaux», oui vous avez bien lu ! 50 modèles différents, et sans doutes plus encore sont sur le marché. Une véritable orgie ! Tous les constructeurs dʼélectronique y vont de leur micro-ordinateur, lequel est forcément meilleurs que celui du concurrent.

Souvenez vous, on parle alors dʼAlice, Exelvision, Hector 2 HR+, Thomson MO5, Apple IIe, Sinclair Spectrum, Atari 600 XL, Amstrad CPC 464, Acorn, Commodore, Laser, Lynx, Aquarius, Dragon, Spectravideo... Je ne vais pas tous vous les citer... Toutes ces machines proposent quasiment les mêmes possibilités, «Jouer, Gérer, Apprendre, Créer», mais tous ont des systèmes différents, et aucun nʼest compatible avec le voisin.

Cʼest dans cette jungle, où personne ne sʼy retrouve vraiment, quʼarrive MSX.


La promesse de la compatibilité parfaite


MSX est le fruit de la collaboration entre 2 sociétés montantes des années 80, la société japonaise ASCII et lʼaméricaine Microsoft. Lʼidée ? Créer toute une gamme dʼordinateurs compatibles.

Pour cela, une base matériel et logiciel identique est adoptée :

- Micro processeur Z80A,
- 8 ko de mémoire vive minimum,
- VDP Texas Instrument TMS-9918 permettant une résolution max de 256*192 pixel en 16 couleurs, 32 sprites,
- Ram vidéo de 16Ko,
- Processeur sonore Yamaha AY-36-8910, 3 voix 8 octaves,
- Interface Centronics, connecteur lecteur de cassettes, 1 prise joystick minimum, 1 port dʼextension, et un clavier 70 touches avec 5 touches de fonctions programmables et 4 touches fléchées pour le curseur,
- Et enfin, un Basic/bios de 32kb, made in Microsoft.

Mais au fait, dʼoù viennent ces spécifications ? Est-ce une révélation divine ? Presque ! Revenons quelques années en arrière...



Tout commença, comme souvent par une rencontre...


En 1976 Kazuhiko Nishi est étudiant à la prestigieuse université Waseda de Tokyo. Il est déjà passionné par ce nouveau monde qui commence à émerger, celui de lʼinformatique des micro-ordinateurs, des logiciels et de lʼélectronique.


Avec un ami il se met en tête de créer un jeu qui tourne sur les nouveaux modèles de «Pong» à base de processeur General Instrument AY-3-8500, un processeur qui révolutionna le genre et sera utilisé dans les consoles Odyssey 300 et Coleco Telstar. Nishi souhaite construire lui même sa console avec son jeu et le revendre.

A cet effet il se rends chez General Instrument pour acheter quelques puces, mais on lui rétorque que celles ci ne sont pas à vendre au détail. Nʼayant pas suffisamment dʼargent pour acheter un stock complet, il abandonne cette idée. Dépité, mais pas déstabilisé, il décide que si il ne peut pas vendre son jeu, il vendra la méthode et les informations pour le construire.
Il écrit un article quʼil propose à un magazine, ce qui aura beaucoup de succès, puis on lui demande dʼécrire des articles sur des jeux vidéos pour plusieurs revues...

Un jour il décide, «plutôt que dʼécrire pour les autres, je devrai écrire un livre et le publier». On est jamais mieux servi que par soi même, dit lʼadage ! Ni une, ni deux, il arrête ses études et quitte lʼuniversité. Ce qui est une chose plutôt rare pour un japonais. Mais Nishi ne se sent pas comme les autres, il a le goût dʼentreprendre et ne souhaite pas que sa vie soit télé-guidée.

 

En 1977, avec deux partenaires il fonde la société ASCII, et publie, non pas un livre comme cʼétait sa première idée mais un magazine «I/O». Quelques temps plus tard, il laissera tomber ce magazine, pour un autre plus «professionnel» traitant des produits électroniques et des jeux vidéos : ASCII Magazine.

Nishi est brillant, alors quʼil écrit ses articles, il se dit que certains logiciels quʼil teste pour son magazine ne sont pas suffisamment aboutis «Je pourrai faire mieux» se dit-il. Il se lance alors dans la réalisation de logiciels...


Mais pour cela, il a besoin dʼun langage de programmation, il réfléchi...
Qui donc possède un bon langage de programmation ? Le nom lui vient tout de suite à lʼesprit... Microsoft.


Cʼest à minuit, une nuit dʼaoût 1977 que Kazuhiko Nishi prend sont téléphone pour appeler le siège de Microsoft à Albuquerque. «Puis-je parler à votre président ?» demande tʼil courtoisement.

microsoft siege
(Siège de Microsoft dans les années 80)

Bill Gates prends lʼappel, et les deux jeunes hommes commencent à discuter. A la fin de
la conversation, Nishi propose à Bill Gates de lui payer un billet dʼavion pour Tokyo, à fin quʼils puissent se rencontrer. Gates refusa la proposition, cʼest donc Nishi qui prendra lʼavion.
Nishi et Gates se rencontrent finalement deux mois plus tard sur un salon dédié à la micro- informatique.

De quoi parle un Nerd quand il rencontre un autre Nerd ? Les deux jeunes hommes discutent neuf heures dʼaffilé, se rendant compte quʼils avaient énormément de points commun.
Tous les deux ont 21 ans, sont issus du même milieu social aisé, ils ont abandonnés leurs études pour créer leur business, ont la même passion de lʼinformatique, et sont persuadés que le marché du logiciel et de la micro-informatique va exploser...

Bref le courant passe... «Vendons des logiciels» dit Nishi... Et ce sera chose faite. Après quelques discussions et arrangements les deux hommes s'associent. Leurs deux personnalités se complètent bien, Nishi est affable, persuasif, il a les talents dʼun businessman, tandis que Gates à une approche plus théorique des choses.

microsoft


Ils ne le savent pas encore, mais le partenariat des deux société ASCII et Microsoft va transformer le marché naissant du logiciel pour micro-ordinateur en véritable industrie. Nishi prend le poste de vice-président de Microsoft, et sa société ASCII devient le représentant officiel de Microsoft au Japon.

 


Le premier micro-ordinateur japonais


Kazuhiko Nishi «Kay» pour les intimes veux prouver à son nouveau partenaire ses capacités. Il sait que Nec Corp. a un projet sur la micro-informatique ; fouillant son carnet dʼadresses il appelle Kazuya Watanabe, cadre chez Nec Corp, quʼil persuade de venir aux Etats-Unis pour le rencontrer en compagnie de Bill Gates et Paul Allen, le co-fondateur de Microsoft.

La rencontre avec les jeunes patrons de Microsoft, est concluante. Wartanabe est impressionné par ces jeunes hommes. Le cadre de Nec rentre à Tokyo avec un projet quʼil propose à sa compagnie. Fabriquer un micro-ordinateur avec lʼappui et lʼexpertise de Microsoft et dʼASCII.

Cʼest en 1979 que ce projet aboutit sous le nom de «Nec PC 8000», le premier micro-ordinateur japonais est né, et cʼest aussi le premier micro-ordinateur qui inclus le langage Basic de Microsoft. Ce fut un succès commercial et une formidable opportunité pour Microsoft et ASCII de prouver leur savoir faire.

pc8001
(Nec Pc 8001)


Cʼest en juillet 1980, que la société IBM approche Microsoft pour leur demander de développer un système dʼexploitation pour leur futur micro-ordinateur. Gates nʼest pas emballé, Microsoft est déjà surbooké, et n'a jamais développé un système d'exploitation, de plus il n'est pas certain que le micro-ordinateur en question sorte un jour. Dans un premier temps Gates envois IBM vers Digital research et son CP/M. Mais IBM ne parvient pas à s'accorder financièrement avec Gary Kildall, patron de Digital Research et inventeur du CP/M.

Alors, IBM se retourne de nouveau vers Microsoft, qui lui a fourni un Basic.
Cʼest lʼavisé «Kay» Nishi qui persuade Bill Gates de se lancer. «Faisons le, Faisons le» lui lance t-il. Gates se décide et promet un système d'exploitation à IBM.

N'ayant pas le temps de développer un tel système, Gates se met à la recherche d'un logiciel existant qu'il pourrait adapter pour IBM. C'est Tim Patterson de la compagnie Seatle Computer Products qui sauve la mise. Tim Patterson a développé un système d'exploitation appelé 86-DOS (ou QDOS pour Quick and Dirty Operation Sytem) et qui correspond parfaitement aux besoins de Gates. Gates achète les droits de 86-DOS pour 50 000$. Il ne change quasi rien à 86-DOS avant de le proposer à IBM, si ce n'est, qu'il renomme le logiciel en MS-DOS !

La métamorphose de 86-DOS en MS-DOS est un beau coup de bluff ! Mais l'histoire est encore plus ironique... Il s'avère que Tim Patterson ne s'est vraiment pas foulé en créant 86-DOS, car c'est une copie presque complète du CP/M de Digital Research. Patterson a acheté un manuel du CP/M et s'est contenté de recréer 36 fonctions identiquement à celle du CP/M, copiant ce denier jusqu'au système de passage de variables, se contentant de renommer quelque éléments par ci par là, transformant "Read Random" en "Random Read" ou "Read Sequantial" en "Sequential Read. Le monde de l'informatique est tout jeune, mais déjà impitoyable...

Toujours est-il qu'à partir de là tout sʼaccélère. Microsoft, sʼest placé dans une position confortable, et Nishi se partage entre le japon et la côte ouest des Etats-Unis. Toujours entre deux vols, il nʼest pas rare quʼil conduise des meetings de son avion. En 1981, Nishi a imaginé un micro-ordinateur de la taille dʼun attaché-case doté dʼun écran à cristaux liquides. Lors dʼun trajet en première classe entre le Japon et les Etat-Unis, il rencontre Kazuo Inamoro, le président de Kyocera Corp. Il nʼaura pas fallu plus que le temps de ce vol pour persuader Inamori de fabriquer ce nouveau type de micro-ordinateur. Microsoft et Ascii en assureront la partie logiciel et en vendront la licence sur trois continents sous les marques Nec, Olivetti et Tandy ; ce premier micro-ordinateur portable cʼest le Radio Shack 100.



(Portable Radio Shack 100)

 


Spectravideo : «Je suis ton grand-père»


Harry Fox et Alex Weiss, deux horlogers suisses migrent aux USA dans les années 50.

A la tête de leur société, SPECTRAVISION, ils sont dans le commerce international de la montre ; puis se lancent sur le marché juteux des logiciels pour consoles de jeu, ils changent alors le nom de leur société en SPECTRAVIDEO.

Très connu des gamers du monde entier pour avoir conçu et fabriqué le célèbre joystick Quickshot, Spectravideo s'essaient aussi à transformer l'Atari 2600 en micro-ordinateur en fabricant une extension pourvue d'un clavier et d'un langage de programmation.


C'est début 1982 que Fox et Weiss décident de créer un véritable micro-ordinateur.
Avec l'aide de Tony Law, un entrepreneur de Hong Kong à la tête d'une entreprise d'électronique (Bondwell), ils imaginent une nouvelle architecture pour un micro-ordinateur qui coûterait 30$ à produire et pourrait se vendre 100$. Un concept de micro-ordinateur 8bits est mis au point autour d'un processeur Z80, un VDP Texas instrument et une puce sonore Yamaha.


Nos deux compères d'origine Suisse ont donc un concept hardware en poche, un prestataire pour fabriquer la machine, ils sont en bon chemin pour finaliser leur projet.
Mais ils savent que personne n'achèterait un micro-ordinateur fabriqué par une marque inconnue, et ils n'ont pas encore le «software» adapté ; c'est pourquoi ils contactent Microsoft pour concevoir les logiciels et le système d'exploitation de leur machine, et ainsi légitimer leur démarche.

Après plusieurs tentatives, c'est en septembre 1982 qu'ils parviennent à contacter «Kay» Nishi «Envoyez moi les spécifications de votre micro-ordinateur» demande t-il à Harry Fox.
Les documents reçu, tout excité de ce qu'il vient de lire sur le projet Spectravideo, Nishi prend illico un vol pour Hong Kong.

C'est peut être dans l'avion qui l'emmène à Hong Kong que Nishi prend conscience de la trop grande segmentation du marché. Toutes les marques de micro-informatique fabriquent des machines incapables de communiquer, incapables de s'échanger des logiciels. C'est une situation ennuyeuse pour les utilisateurs mais aussi pour le business.


Sa société ASCII possède à cette époque 30% du marché du logiciel au Japon, grâce à son partenariat avec Microsoft. C'est une situation déjà très enviable, mais sur un marché standardisé, la progression serai plus large et plus aisée. Pour Nishi c'est clair, il faut standardiser ! Il n'est pas le seul à le penser.

Au Japon, le Ministère de la Poste et des télécommunications souhaite pouvoir faire communiquer les micro-ordinateur familiaux. Chez Matsushita Electric Corp (Panasonic, JVC,Victor...), la plus grosse société d'électronique au monde, on a déjà appelé à une standardisation de cette industrie, et on déjà une idée fort précise de ce qui est souhaitable. Depuis 1978, Matsushita planche sur l'avenir de la communication par l'informatique, les réseaux, la télécommunication, la possibilité de contrôler à distance les systèmes, audio, video, des robots, et des applications pour la maison...

Nishi a tout de suite compris que la configuration proposée par Harry Fox est exceptionnellement flexible, et serai même en mesure de rivaliser avec des configurations bureautiques bien plus onéreuses. Avec des capacités bien supérieurs à un IBM PC dans les domaines du son et du graphisme cette nouvelle machine à un avenir certain, Nishi en est convaincu.

 


Un étrange air de parenté

Au même moment, la société Coleco prépare la sortie de sa console révolutionnaire pour août 1982, la Colecovision. La conception hardware de cette console revient à Eric Bromley, talentueux ingénieur qui travailla dans l'industrie des jeux d'arcade chez Midway, puis fut embauché par Coleco.

L'architecture de la Colecovision, console à base de processeur Z80 et VDP Texas instrument, est très proche de ce que sera l'ordinateur de Spectravideo.

On sait que Coleco sous-traitait une partie de sa production à Hong Kong chez Former Bit Corp. Y-a t'il eu un télescopage des technologie à Hong Kong ? L'architecture de la machine imaginée par Fox, Weiss et Law est elle copiée sur celle de la Colecovision ?

Il est fort probable que dans ce vivier de l'électronique qu'est Hong Kong, terre où le copyright et le droit d'auteur sont des notions assez abstraites, qu'il y ait eu de fortes interactions entre les prestataires Hong Kongais.


On peut lire ici ou là que c'est Spectravideo qui licencia sont hardware à Coleco, dès le début 1982, la preuve ? Le SV-603, un adaptateur permettant de faire fonctionner les jeux Colecovision sur le micro-ordinateur de Spectravideo.


De ces deux conjectures vraisemblables, on ne peut définitivement conclure. L'histoire n'a pas fini de nous révéler ses secrets.



Toujours est il que les 3 machines sont tellement proches que le Spectravideo peut à la fois faire fonctionner les logiciels MSX, que les jeux Colecovision grâce aux adaptateurs adéquats, le SV-606 et le SV-603.


NDLR : Pour ma part je doute que la réalisation de 3 systèmes différents avec les mêmes composants et une structure identique sois le fruit du hazard. Bien que ces composants soient courant à l'époque, cela n'explique pas leurs grandes similitudes. Je crois qu'à un moment ou un autre le hardware de la Colecovision à "fortement inspiré" celui du Spectravideo, et par conséquent celui du MSX. Le MSX ne serait donc qu'une version améliorée et avec clavier d'une Colecovision ? Peut être...

 

 


Arrivé dans les bureaux de Spectravideo à Hong Kong, Nishi est enthousiaste, il propose de faire quelques modifications aux plans originaux.

En deux jours il réorganise l'architecture globale du micro-ordinateur pour le rendre plus facilement extensible, il augmente la capacité de sa rom, promet que Microsoft développera un Basic plus puissant que celui de l'IBM PC, permettant même l'ajout d'un lecteur de disquette, met en place un système «d'interruptions» facilement programmable, et revois le clavier pour qu'il soit aisé de l'utiliser avec un traitement de texte.

Il n'est plus question de produire un ordinateur à 30$, mais Nishi assure que le micro-ordinateur pourra couvrir tous les besoins, que ce soit dans le domaine professionnel ou ludique grâce à un système de cartouches ROM. Il promet à Weiss et Fox qu'ils pourront vendre cette machine pendant 5 ans et qu'ils feront du bénéfice à mesure que la technologie évolue et que les coûts de production baisseront.


Spectravideo tient son micro-ordinateur.


Le SVI-318 est lancé en janvier 1983 au CES de Las Vegas, son prix de lancement 600$


svi-318

En juin de la même année, Spectravideo propose un modèle «deluxe» nommé
SVI-328, en tout point identique au modèle précédent, à l'exception du clavier mécanique avec pavé numérique et des 64Ko de mémoire vive au lieu de 32ko précédemment.

svi-328


sv603



La tournée des grands ducs


Pendant que Spectravideo produit, et commercialise son micro-ordinateur, Kazuhiko Nishi ne reste pas immobile. Il a la plateforme idéale pour lancer un «standard» de la micro- informatique, et cʼest avec un prototype de SV-318 quʼil fait la tournée des grands patrons de lʼindustrie électronique japonaise pour les convaincre de rallier ce projet quʼil fait maintenant pleinement le sien.


Chez le leader de lʼindustrie Mastsushita, les réactions sont bonnes et enthousiastes. Pour les boss de la plus grosse société dʼélectronique du japon, (et du monde) cʼest la plateforme idéal pour concrétiser leurs rêves dʼun standard de la micro-informatique pour le japon.
Dans son sillage, la plupart des constructeurs japonais acceptent lʼidée dʼun standard basé sur les spécifications présentées par Nishi : Casio, Canon, Fujitsu, Hitachi, Victor, Kyocera, Mitsubishi, Nec, Yamaha, General, Pioneer, Sanyo, Sharp, sony, Toshiba sont de la partie.
Il convainc aussi les Coréens GoldStar, Samsung, et Daewoo et enfin un peut plus tard, lʼeuropéen Philips.

Cʼest en avril 1983 que Nishi appelle Harry fox, pour lui dire «Toute lʼindustrie japonaise veut une licence pour notre concept de micro-ordinateur. Harry fox nʼa pas les reins assez solides pour négocier avec un toute lʼindustrie nippone. Dʼautant quʼil doit bien avouer que la majorité des idées, cʼest Nishi qui les a apportées, et quʼil ne peut pas lui revendre ses propres idées !
«Ils veulent lʼexclusivité du concept pour le monde entier», mais Spectravideo à déjà lancé sa propre gamme. Fox propose à Nishi un deal quʼil ne peux pas refuser. Il demande à Nishi de revoir quelque peu le design hardware original, pour en faire quelques chose de différent, mais pas trop, de façon à ce que Spectravideo puisse sortir une extension de compatibilité.
Nishi s'exécute, il prépare alors une nouvelle mouture, suffisamment différente du SV-318 pour éviter tout problème de licence, mais suffisamment proche pour pouvoir créer un adaptateur logiciel pour Spectravideo. Le MSX est né.

 


MSX à la conquête du monde


La signification des initiales M.S.X. fait souvent débat, pourtant ce débat nʼa pas lieu dʼêtre. Microsoft nomme souvent ses produits avec les initiales «M» et «S» ; MS-Basic; MS-Dos etc... M.S.X. est une marque déposée par Microsoft, il y a donc fort à parier que les deux première lettres désignent la Société américaine. Quand au «X», il vient très certainement rappeler le «eXtended» du nom donné au basic créé par Microsoft pour la gamme dʼordinateur MSX, le «eXtended Basic». Dans les première pages du Manuel du Sanyo PHC-28 datant de 1984, cʼest dʼailleur cette explication qui est donnée.

Cʼest le 27 juin 1983 quʼest officiellement annoncé le MSX, le standard de micro-ordinateurs 8bits soutenu par lʼindustrie japonaise et Microsoft. Cʼest avec surprise que cette annonce fut prise par les employés de Microsoft au Etats-Unis. La plupart nʼétaient pas au courant que leur compagnie était associé avec lʼindustrie japonaise, quant aux autres, ils ne lʼapprirent quʼune semaine auparavant. Mais ce nʼétait guerre étonnant, ce projet était avant tout celui de Nishi et de la branche japonaise dʼASCII-Microsoft.


msx


Chez les constructeurs américain, et britannique, lʼannonce dʼune alliance dʼautant de grandes marques japonaises associées à Microsoft les fait frémir ; résultat une animosité instantanée vis à vis du MSX.

Pendant un temps, Zenith, Coleco, et même Atari ont ont imaginés rejoindre le groupement des constructeurs MSX. Pour finir, seul Spectravideo annoncera en 1984 avoir rejoint le standard, ce sera le seul constructeur américain à franchir ce cap.


Les premiers micro-ordinateurs estampillés du logo MSX arrivent sur le marché japonais seulement 4 mois après lʼannonce officielle. Ce sont des Mitsubishi, des Sony, des Yamaha, des Matsushita et des Sanyo. La vision du «Standard» imposé par Nishi préconise une compatibilité total de base entre les différentes machines produites, mais nʼinterdit pas les constructeurs dʼajouter des fonctionnalités supplémentaires pourvue quʼelles nʼinterfèrent pas sur la compatibilité.

Ainsi Yamaha produira des MSX doués pour la musique, accompagnés dʼun module Hardware transformant lʼordinateur en véritable synthétiseur musicale avec clavier. Pioneer quand à lui fabriquera un MSX capable de piloter un lecteur de Video-Disc, Mitsubishi lui préférera contrôler un système Home Audio, et JVC donnera la possibilité de contrôler un magnétoscope...
En fait, chaque constructeur fabrique le micro-ordinateur MSX qui correspond à son
marché dʼorigine.



Au japon


La douzaine de constructeurs présents se sont partagés les 265 000 unités qui se seront écoulées de Octobre 1983 à lʼété 1984. Cʼest plutôt bien, mais ce nʼest pas un raz-de-marée.

Le MSX se vend essentiellement en tant que machine de jeux, ou dʼaide aux devoirs pour les enfants. Mais la machine est en marche, la plupart des développeurs japonais proposerons des jeux pour MSX.

Tous les grands titres, déjà initiés sur console verront une déclinaison sur MSX. Cʼest le cas pour de très nombreux jeux de rôle, tel que Final Fantasy, YS, XAK ou encore Dragon Slayer. De nombreux logiciels sont développés, ainsi que de très nombreux modèles de micro- ordinateurs. Beaucoup de constructeurs proposent même plusieurs modèles, à lʼinstar de Sony qui multipliera les designs, et les couleurs de ses MSX.

La production de tous ces micro-ordinateur booste le marché japonais de la micro-informatique et des logiciels ; cʼétait bien là un des effets escompté par Microsoft...

 


Le marché américain


Aux USA, dès juillet 1983, lʼannonce de la venue du standard MSX est reprise dans la presse. Le magazine Info World, très pragmatique voit cette annonce comme la possibilité pour le marché de la micro-informatique japonais de sʼétendre, et de rattraper son retard sur le marché américain. Si une explosion du marché japonais a lieu, cela donnera une opportunité pour les développeurs américains de vendre plus de logiciels au japon.


La présentation faite au CES de janvier 1985, avec Yamaha et Pioneer est un semi échec. La prétendue «invasion» des machines MSX sur le territoire américain à droit à un article moqueur en dernière page du magazine Info World. Les japonais arrivent sur un marché (8bits) déserté par les firmes américaines, et le segment du bas de gamme est dominé par Commodore. «Le MSX nʼa aucune chance sur le marché américain».

De fait les machines MSX ont des handicaps certains pour le marché US. Le fait que le MSX ne dispose pas en standard, dʼun lecteur de disquettes est véritablement un handicap de taille pour ce marché. Et bien que le MSX soit compatible avec CP/M et quʼil puisse lire les disquettes issues des ordinateurs IBM, son mode texte en 40 colonnes est trop restreint pour la majorités des applications professionnelles.

Cʼest donc avec plus dʼun an de retard que les Japonais débarquent sur le continent américain, en effet, lors du CES de 1984 Atari a présenté sa nouvelle gamme ST, et commodore propose son C128 à des prix plus que compétitifs.

Yamaha sera tout de même le premier à proposer un MSX aux américains dès janvier 1985. Mais le micro-ordinateur avec toutes sa gamme de périphériques spécialisés pour la musique nʼest commercialisé que dans les magasins de musique, son seul atout : ses capacités Midi, car à 469$ le micro-ordinateur MSX ne rivalise pas avec ses concurrents bien moins chers.
La compétition est rude pour le MSX. Le marché de la micro-informatique, déjà mature aux Etats-Unis ne craint nullement la venue des concurrents asiatiques. Commodore sʼétant lancé dans une guerre des prix, un Commodore 64 ne coûte plus que 199$ en février 1985 (149$ pour le lecteur 1541) quand les MSX sont annoncés.

Le public ne voit pas dʼun prime abord les avantages du MSX par rapport à ses concurrents déjà implantés et bien moins chers, et surtout, possédant déjà un logithèque fort importante. Les MSX sont des machines performantes, douées pour la bureautique et le jeu, mais lʼattente suscitée par les différentes annonces des constructeurs américains sur les micro-ordinateurs 16bits et telle que les nouveaux venus, avec leurs MSX 8bits ne crée pas lʼenthousiasme.
Les autres constructeurs MSX préféreront donc remettre au calandres grecques leur entrée sur le marché américain.



En europe


Cʼest Sony, Toshiba, Canon, Sanyo, Yashica, Yeno et Philips qui distribuèrent du MSX sur le continent européen, et ce dès septembre 1984. Malheureusement, lʼapprovisionnement pour l'Europe nʼétait prévu que de 100 000 unités
jusque avril 1985. Les ventes furent vite limitées par le nombre de micro-ordinateurs disponibles.

On constate une grande disparité des ventes selon les pays. Les ventes furent très bonnes en Italie, assez médiocre en Grande Bretagne, où le MSX fut assez vite mal perçu à cause dʼun prix trop élevé pour une machine dʼentrée de gamme. Aux Pays-bas et en Belgique «Lʼeffet Philips» booste les ventes, il faut dire que le constructeur européen proposera une large gamme au travers de ses différentes marques.

 


En France


Lʼambiguïté ou lʼignorance ? Tel est le résumé qui me vient à lʼesprit. En Février 1984, le magazine Micro Système titre «Le Spectravideo SV318 : Lʼavant-garde MSX»

Lʼarticle sur la machine est élogieux. Le micro-ordinateur semble être apprécié par le journaliste, ses capacités et surtout son Basic impressionnent. De plus le journaliste apprécie sa compatibilité CPM, et le fait quʼil soit compatible avec les cartouches Colecovision avec un adaptateur en option (SV-603). Le journaliste insiste sur le fait que la machine respecte le cahier des charges MSX ! Hors il nʼen est rien ! Le SV-318 nʼest pas un MSX. Toutefois, Spectravideo a bien lʼintention de commercialiser un adaptateur le rendant compatible MSX. Cet adaptateur cʼest le SV-606.

Tilt, le célèbre magazine teste lui aussi le Spectravideo SV-718 en décembre 1984. On passera sur la rigueur du journaliste qui reste à prouver quand on lit dans lʼarticle «Le Basic du SV-318 est une version MSX créée par la société Multisoft. Il fonctionne grâce à des circuits spécialisés et utilise un maximum de commandes graphiques et sonores». Donc encore une fois un amalgame est fait entre le SV-318 et le MSX, et encore une fois lʼordinateur est apprécié pour ses capacités et sa facilité dʼaccès, et le journaliste conclu «... une nouvelle génération de micro-ordinateurs, combinant avec bonheur jeux et programmation.»

A qui doit-on lʼerreur de rendre le Spectravideo Compatible MSX alors quʼil ne lʼest pas ? Si on en croit un encart dans le magazine SVM de juillet 1984 (page 96), cʼest lʼimportateur Valric-Laurène qui a fourni ces informations erronées ; et le magazine corrige «Le basic Microsoft étendu ressemble fort au basic MSX, mais ni le SV-318 ni le SV-328 ne sont conformes à la norme MSX»


Le premier magazine français à réaliser un banc dʼessais sur les véritables micro-ordinateurs MSX est SVM, en juillet/Août 1984. Ce qui ressort de cet article ? De bonnes machines, un bon langage Basic, mais il faut rester attentif au
développement des logiciels.

Un tableau comparatif des performances est même publié. (Ils auraient tout de même préciser dans le tableau quʼun MSX cʼest autour de 3000 FF, et quʼun IBM PC cʼest plus de 10 000 FF)


De façon générale, en 1984, le MSX est plein de promesses. Lʼarrivée dʼun standard est bien perçu pour remettre un peut dʼordre dans la cacophonie ambiante. On a pu lire ici ou là, et dans un magazine spécialisé MSX, que le standard MSX avait été méprisé par la presse spécialisée française. Ce nʼest pas tout à fait la vérité, les articles de 1984 sont plutôt bons, lʼattente est grande.

Tilt, pour son édition de décembre 84 teste 40 micro-ordinateurs dont 3 MSX.

- Le Canon V20 «Design Réussi, (...) clavier agréable (...), des effets sonores remarquables (...) ludothèque en évolution»

- Le Sanyo PHC 28 «le standard MSX constitue une solution idéal aux problèmes de compatibilités (...) Tous ces ordinateurs sont agréables à utiliser (...) les possibilités du Sanyo PHC 28 sont excellentes (...) Ludothèque sur cartouche dʼexcellente qualité»

- Yashica YC64 «Le clavier est un modèle du genre (...) Possibilités sonores étendues (...) En bonne position pour être le premier de la classe»

SVM à la même période souffle un peut le chaud et le froid «Ils sont nippons ni pires que les autres ! Mieux ? Cʼest à voir (...) Les MSX sont de bonnes machines, honnêtes, bien bâties, qui en donnent plus que la moyenne (...) Lʼannée prochaine Atari lancera un ordinateur 16-32 bits. Les japonais nʼont ils pas un train de retard ?»

 


Et Spectravideo ?

 


Quand la société Spectravideo est entrée (un peut tard) sur le marché de la micro-informatique, fin 1982, elle a reçu toute lʼattention de lʼindustrie. Cette dernière espérait que le nouveau compétiteur aller être suffisamment agressif vis à vis de Commodore et dʼAtari. Mais Spectravideo nʼa jamais eu la confiance de ses principaux investisseurs.

Dès Mai 1983, ces derniers font savoir leur désaccord sur le direction envisagée par lʼentreprise et refusent de continuer à la financer. Dans le même temps, Spectravideo dépense des millions de dollars en publicité, notamment en contractant un dispendieux contrat avec lʼacteur Roger Moore (James Bond), mais peine à intéresser les banques. Harry fox nʼa jamais réussi à sécuriser son réseau de distribution, et ce, malgré plusieurs milliers de machines vendues.


En 1984 la société new-yorkaise de Harry Fox est au bord du gouffre. Cʼest son prestataire Hong Kongai, Bondwell qui met sur la table 2,6 millions de dollars pour racheter Spectravideo ; le siège est donc déménagé à Hong Kong et cʼest le vice président de Bondwell,
Christopher Chan, qui prend la direction de la nouvelle structure.




Bondwell fabrique depuis longtemps des clones dʼIBM PC à son nom, en plus dʼen fabriquer en tant que prestataire pour le compte de multiples sociétés. En ce qui concerne les produits «originaux» de Spectravideo, Christopher Chan veut faire le forcing.

Il veut vendre la machine à l'international en tant que produit dʼappel. Il prépare donc un package dʼun SV-328, dʼun lecteur de cassette, dʼun joystick et 10 jeux pour 200$ (prix de gros). En Europe, et particulièrement en Europe du Nord, les SV-318/328 auront un petit succès. Sur le Territoire Américain, la société aura à pâtir de la guerre des prix orchestrée par Commodore. Dès 1983, Harry Fox à annoncé que son prochain micro-ordinateur sera complètement compatible MSX.

Cette annonce aura un cours moment lʼeffet de faire monter lʼaction Spectravideo. Finalement le micro-ordinateur sortira en Mai 1984, sous l'appellation de SVI-728.


Lʼadaptateur rendant le SVI-318 compatible MSX est annoncé pour la même période au prix de 50$. Un an plus tard sort le SVI-738 Xpress, qui est une variante uniquement destinée au marché américain. cʼest une machine MSX de première génération embarquant un lecteur de disquette intégré, et un mode écran 80 colonnes, rendant les applications CP/M totalement utilisables, cʼest une machine atypique qui aurait eu un fort potentiel si elle était arrivée un an plus tôt.
En 1986, la compagnie, maintenant pleinement Hong-Kongaise sort un Hybrid PC / MSX2, son nom le SVI-838 XʼPress 16.

 


Le clash !


Dés 1983, et malgré son amitié pour Nishi, Bill Gates est agacé de voir son alter-ego sʼéparpiller plutôt que de se concentrer sur le logiciel, et seulement le logiciel. Microsoft est en contrat avec trois douzaines de sociétés japonaises à cette époque, la plupart utilisant MS-DOS, et Gates s'inquiète que Nishi se préoccupe plus dʼêtre à la chasse de nouvelles technologies ou de concepts nouveaux, plutôt que sʼoccuper de ses clients japonais.


Il est comme ça, Kay Nishi, il a commencé par éditer un magazine, puis du logiciel, puis se lance dans le design hardware... tout ceci sans jamais laisser tomber lʼune des activités précédente. Le projet MSX a couté beaucoup dʼénergie et de temps à Nishi, et bien que Microsoft US soit partie prenante du projet, la branche américaine n'aura jamais fait que le minimum, concevoir le software.

A mesure que le marché Japonais grandissait, lʼimpatience de Gates était de plus en plus exacerbée devant lʼexubérance de Nishi. Notamment quand ce dernier dépense un million de dollars dans la promotion du MSX en créant un show TV avec une maquette grandeur nature dʼun Brontosaure devant la gare de Shinjuku à Tokyo.

Gates devint furieux en apprenant l'événement. Bien que Nishi ait utilisé les fonds de sa propre société pour financer cette opération, Gates pensait que cet argent aurait pu être mieux employé sur des opérations plus conventionnelles. De plus Nishi, aggrava la situation en accumulant des dettes personnelles vis à vis de Microsoft.

Alors que Bill Gates prépare lʼentrée de sa société en bourse, il décide quʼil faut remettre de lʼordre. Bien que Nishi soit déjà Directeur chez Microsoft et Vice Président, il lui propose de rejoindre la compagnie à 100% et de prendre part à son capital. Nishi rechigne, bien quʼil aime travailler avec Bill Gates, il refuse de se soumettre, et «de lui vendre son âme».

Suite à de longues et pénibles discussions, les deux hommes ne parviennent plus à sʼentendre et finissent par mettre un terme à leur association. Lʼamertume est grande dans les deux camps. Nishi rétorque que grâce à cette rupture, il pourra se lancer dans des projets quʼil nʼaurait pas pu réaliser avec Microsoft... La réalisation de puces graphiques et sonores, les réseaux informatiques, etc...

Le divorce est consenti mi 1986, et Microsoft ouvrira ses propres bureaux à Tokyo.
On ne donne pas bien cher de la survie dʼASCII. Pourtant lʼentreprise de Nishi va sʼen sortir, malgré des dettes considérables et la nécessité de licencier, Nishi trouvera les ressources pour continuer.


Upgrade me !


Le MSX2 pâtit très certainement de la brouille entre les Nishi et Gates.


Introduit en 1986 le MSX2 est une évolution à minima. Alors que dès 1984 un upgrade du MSX vers une version totalement 16bits est envisagée, la seconde version du MSX sera toujours conçue autour du Z80 8bits.

Les MSX de la seconde génération doivent avoir au minimum 64 Ko de ram, ont toujours un Basic/bios de 32 Ko en Rom, mais le Basic passe cette fois en version 2.0. La ram vidéo passe de 16 à 64 ko minimum, mais pratiquement toutes les machines seront équipées de 128 ko de mémoire vidéo.

Le processeur sonore ne change pas, par contre ce qui change le plus cʼest le processeur graphique, un Yamaha V9938, qui permet dʼafficher une résolution de 512*212 en 16 couleurs ou 256*212 en 256 couleurs.

Il est à noter que ce nouveau VDP, entièrement compatible avec celui du MSX1, fut créé par ASCII ; en effet le brevet américain de cette puce fait clairement apparaitre Kazuhiko Ishi en tant que co-inventeur. Le brevet à été déposé le 19 décembre 1984.



Alors succès ou pas ?


En France, clairement non. La faute à qui ? Je pense que le problème principal était les importateurs qui ne ce sont jamais concertés pour réaliser des actions de promotion communes.

«Chacun pour soi»
était le mot dʼordre. Un prix de départ trop élevé face à une concurrence rude. Avec des prix entre 2990 et 3390 FF lʼunité centrale, le MSX était clairement trop cher face à Amstrad qui arbore son 464 avec écran (monochrome) et lecteur de cassettes à 2990 FF (prix janvier 1985 ; 4490 FF avec écran couleurs). Atari qui prépare sa nouvelle gamme ST, liquide à la même période ses 600 XL à 1200FF et ses 800 XL à 2200 FF. Et le faux MSX le Spectravideo SV-318 se brade à Noël 84 pour 2990 FF avec lecteur de cassettes, 4 jeux, livres, et utilitaires (2750 FF, unité centrale seule).

Bref, des importateurs qui se tirent dans les pattes, des prix trop élevés, une concurrence rude, peut de publicité = échec, et ce malgré un bon matériel et de bonnes capacités.

On comptabilise 22 000 MSX en France en juin 1985, cʼest lʼévaluation faite par le magazine standard MSX.

En Europe, le bilan est mitigé, certains pays comme les Pays-Bas adoptent le MSX sans sourciller grâce à Philips, mais ailleurs cʼest au petit bonheur. Peu de concertation, peu de publicité, le MSX est lancé sans grand soutient de la part des fabricants.


Au Japon, tout vas mieux bien sûr, mais cʼest seulement à partir de lʼintroduction du MSX2 que les japonais vont considérablement plus apprécier le MSX. Il faut dire que les modèles proposés ont un look plus pro, un ou deux lecteurs de disquettes et quelque uns des spécificité étonnante...




Par contre en Europe MSX2 fera un flop. Le constat est le même que pour lʼintroduction du MSX aux Etats-unis : trop tard, trop cher !
Philips produira quelques MSX2 de très bonne facture, mais arrêtera là lʼexpérience. Les version MSX2+ de 1988 et Turbo-R de 1991 (le MSX ultime) ne sortiront plus du japon. Si lʼon regarde du point de vue des ambitions de Kay Nishi pour le MSX, à savoir devenir un standard mondial, le résultat est sans appel, cʼest un échec patent.

Pourtant, si on prend le MSX comme un micro-ordinateur à part entière, les résultats ne sont pas si mauvais en terme de ventes et dʼutilisateurs.


Sur toute sa carrière lʼApple 2 sʼest écoulé à 6 000 000 dʼunités,

Les Atari 8bits à 4 000 000 dʼunités,
Les Amstrad CPC à 3 000 000,
Le TRS80, 250 000 unités et le C64 à 17 000 000 dʼunités.

Avec sans doute près de 7 000 000 de micro-ordinateurs vendus dans le monde le résultat nʼest pas mauvais du point de vue de la couverture du système MSX. Bien entendu les quelques 18 fabricants, eux, sont loin du compte.

 


Eric Boez, Mai 2013




Sources :
Article : Wall Street journal, 27 Aout 1986 : How Two Computer Nuts Transformed Industry Before Messy Breakup
Article : Wired, Novembre 1993 : The Comeback of Japanese Software Entrepreneur Kay Nishi
Article : Los Angeles Time, juin 1990 : Toward Creativity in Japan
Article : Info World, juillet 1983 : Msx a standard
Article : Info World Janvier 1985, MSX The pong of 1980's
Article : PC Mag US, Février 1984 : People in the News Kazuhiko Nishi
Article : Info World Fevrier 1985, Commodore enter price war
Article : Micro MSX, juin 1987 : Le MSX est il coulé
Article : SVM juillet 1984
Article : Info World, Novembre 1984
Article : Creative Computing, Aout 1984 : Kay Nishi bridges the culture gap
Article : The register, Juillet 2007, MS-DOS Paternity suit settled. by Andrew Orlowski.
Interview : Kazuhiko Nishi Interview conducted by William Aspray, 16 février 1993
Interview : Kazuhoko Nishi, MSX-Magazine été 1992
Livre : The MSX Standard : The New Computer by R.C. Wood 1985
Livre : MSX and the Coming Revolution in Consumer Electronics by R. C. Wood. 1984
Livre : Early Home Computer
Site : www.sambal.com
Site : http://www.colecovision.dk/history.htm
Site : http://www.dvorak.org/blog/whatever-happened-to-msx-computers/
Site : About.com : History of MS-Dos operating system by Mary Bellis

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[MICRO 16BIT] MSX TURBO-R, le MSX ultime !

Publié le par Ericb59

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En 1991 quand le MSX Turbo-R sort au japon, l'Europe à complètement oublié le MSX. Le continent est à feu et a sang à cause de la guerre Amiga vs Atari ; Amstrad fait encore un peu de résistance et le PC commence doucement sont ascension et prépare sa domination mondiale.

Pourtant en novembre 1990, quand le magazine Micro News annonce l’arrivée prochaine d’une nouvelle génération de MSX, le coeur des anciens MSXiens, et de ceux encore resté fidèles, cesse de battre un instant. Un frémissement parcours l’échine des Fanboy, et quelques traits de bave atterrissent fortuitement sur le magazine.


DU MSX 1 AU MSX TURBO-R

MSX est initié en 1983 par Microsoft et ASCII, c’est une gamme d’ordinateurs compatibles. Ce fût la première tentative, plus ou moins réussie d’imposer un standard dans l’industrie de la micro informatique. MSX fût décliné en plusieurs versions, tous rétro-compatibles. Ce sont des dizaines de machines différentes qui furent produites par des dizaines de constructeurs, essentiellement japonais. Le MSX1 de 1983 laissera place au MSX2 en 1985, puis au MSX2+ en 1988 et enfin, son ultime évolution le MSX Turbo-R en 1991.

 

Malheureusement, face à la faible pénétration du marché, la plupart des constructeurs et distributeurs ont abandonné après avoir produits les MSX2. Ainsi, c’est seulement trois constructeurs (Panasonic, Sony et Sanyo) qui se lanceront dans l’aventure MSX2+ ; et un seul d’entre eux subsiste pour lancer le Turbo-R en 1991, Panasonic. Un « standard » avec un seul constructeur, ça devient un peut risible, mais le constructeur espère sans doute entrainer d’autres grands noms dans son sillage en cas de succès.


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8 FOIS PLUS PUISSANT QU'UN MSX ?

La machine de Panasonic, ne manque pas d’intérêts. Embarquant 256Ko ou 512Ko de RAM, et un tout nouveau micro-processeur, créé par  ASCII, le R800 à 14mhz. C’est un processeur 16bits, entièrement compatible avec le fameux Z80 qui équipait jusqu’alors tous les modèles de MSX des générations précédentes. Sa vitesse est équivalente à un Z80 à 28,6 Mhz, soit 8 fois plus rapide qu’un MSX de base.

Il est équipé d’une puce sonore Yamaha YM-2413 OPLL (MSX-Music introduit en standard avec le MSX2+) produisant jusqu’à 9 voix FM. Aussi équipé d’un synthétiseur PCM 8bits, et d’un microphone incorporé permettant d’enregistrer directement la voix.

Un lecteur de disquettes 2DD, deux ports joysticks, 2 ports cartouches, une touche de « Pause » hardware et un Rensha-Turbo (Autofire réglable) finissent d’équiper la bête.
Notons, qu’une interface disque dur était disponible en option


Au niveau graphisme, il ne fait ni plus ni moins qu’un MSX2+. Avec une mémoire vidéo dédiée de 128 ko c’est le VDP Yamaha V9958, qui lui permet d’afficher jusqu’à 19268 couleurs en 256*212 (ou 256*424 en interlace). Les autres modes graphiques MSX1 et MSX2 sont bien sur toujours supportés.

 

Le Turbo-R a donc une prédominance pour afficher de belles images digitalisées, et faire de la musique FM.

turbo-R-002.png

Exemple de musique (issue du jeu Illusion City) :
http://www.youtube.com/watch?v=l7Ec6UbzNqg&fmt=18


LES MODELES

Panasonic sortira le premier modèle, le FS-A1-ST équipé de 256ko de mémoire vive début 1991, puis un second modèle en fin d’année, le FS-A1-GT qui lui est équipé d’origine de 512ko, et dispose en plus d’une interface midi, ainsi que d’une rom spécifique de 512Ko comportant le logiciel MSX VIEW, un tout en un Traitement de texte, agenda etc).

FS-A1-ST.jpg

GT.jpg



PANASONIC ABANDONNE BIEN VITE...

Face à la concurrence, les spécifications du Turbo-R laissent entrevoir une machine puissante et séduisante. Malheureusement,  Panasonic cessa la production dès 1992, ne laissant pas à la machine le temps de s’installer ni de montrer ce qu’elle était capable de faire, préférant tenter de pénétrer sur le marché de la console avec la 3DO.

turboR-V2.png



LES JEUX

La machine tiens t’elle toutes ses promesses ? Difficile à dire, car peux de logiciels spécifiques sont sortis pour cette machine. Les plus connus sont, Seed Of Dragon qui fut commercialisé avec le Turbo-R FS-A1-ST, mais qui ne fait clairement pas honneur à la machine.


TURBO-R-005.gif

Le très beau RPG, Illusion City
 
turboR-006.jpg

Un action RPG, Fray in Magical Adventure

 

On attend encore la killer app qui exploite la puissance de la bécane !



LE BASIC

La puissance du Turbo-R en fait un formidable outil pour programmer en MSX Basic. Dommage que ce dernier n’ai pas plus évolué. Toujours basé sur le basic Microsoft, l’obligation de numéroter les lignes est une contrainte carrément rebutante pour une machine de 1991. Pourtant il est véloce, le bougre. C’est un véritable plaisir que de ressortir ses listing et de les voir s'exécuter à la vitesse d’un éclair.



TENTATIVE D'IMPORTATION EN EUROPE

Une tentative d’importation en Europe par un groupe allemand fut entreprise. Mais le coût de l’adaptation au marché européen fut jugé trop important et le projet fut abandonné. L’intérêt pour cette machine aujourd’hui est des plus «mystique». En tant que dernier rejetons de la famille MSX, le Turbo-R à acquis pour les anciens MSXiens un statut de machine mythique.

 


S'OFFRIR UN TURBO-R

Il n’est pas rare de rencontrer cette machine sur Ebay, ou sur les forums spécialisés MSX. Il en coûte environs 300 € pour un Modèle A1-ST et environs 500€ pour un modèle A1-GT.

Comme beaucoup de matériel ou de jeux MSX, les côtes sont (exagérément) élevées je trouve. Mais voilà, c’est le prix à payer pour s’offrir l’ultime MSX !

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