[MICRO 8BIT] L'AMSTRAD CPC 464-664-6128

Publié le par Dr Floyd

En 1968, Alan Michael Sugar (AMS) crée une société d'import-export, AMSTrading, qu’il rebaptisera Amstrad. Il se spécialise de façon intelligente dans le matos HIFI bas de gamme et grossit rapidement. C’est en 1983 que l’idée divine surgit : AMS pense qu’il peut se faire de l'argent dans la micro-informatique en pleine expansion ! Un marché casse-gueule...

LE CPC464

Le projet est lancé dans le très grand secret. En seulement six mois la machine est conçue : l'Amstrad CPC464. La stratégie de Amstrad pour réussir dans cette jungle ? Tout faire soit même, les composants et les logiciels afin de réduire les coûts et proposer un concept familial simple à utiliser. Amstrad débarquera ainsi par surprise en avril 1984 !


Il est fier le Alan en présentant son CPC464 !


Le CPC 464 sort en pleine guerre de la micro-informatique 8bit au milieu d’un "bordel" incroyable où des tas de marques tentent de trouver leur place. Le marché est alors dominé en Europe par Commodore, Oric et Sinclair (en UK)... La France est un peu en retard et le pauvre To7 de Thomson (nul et cher) reste le micro le plus connu du grand public. Il y a vraiment une place à prendre chez les frogs...

Deux modèles sont présentés au lancement :

- Le CPC 464 monochrome avec lecteur de K7 integré au clavier et écran monochrome pour 2990 francs,
- Le CPC 464 couleur avec lecteur de K7 intégré et écran couleur pour 4490 francs.


 

L'Amstrad CPC464 fête ses 30 ans !

Il ne fait pas trop sérieux avec ses touches colorées, mais bon la micro est avant tout destinée aux jeux vidéo, et il se dégage un aspect fun de cet ensemble, on sent que c'est simple à brancher et à utiliser.


SUCCES ETONNANT !

A la surprise générale le succès est immédiat en Europe et surtout en France. Deux raisons à ce succès étonnant :

- Il est vendu à un prix modeste défiant toute concurrence ! (2990 f pour un ordinateur avec moniteur et lecteur de K7 c'est du jamais vu),

- Le concept du "tout en un", on branche, ça fonctionne, pas des tas de câbles qui traînent partout ! Et la possibilité de laisser l'oridnateur dans la chambre de l'ado sans utiliser l'écran de télé familial,

De plus le langage basic proposé en ROM est de bonne qualité (un élément important à cette époque !) même si il ne propose par de fonction "sprite". Il est simple d'accès et assez rapide.

Le tout sera accompagné d'une campagne de pub agressive et qui va directement au but.
 



LE CPC664

S’en suivra en 1985 le CPC664, le même ordinateur mais avec un lecteur de disquette à la place du lecteur de K7. Le format choisi par Amstrad est étonnant : le format 3 pouces, très peu répandu... Il sera d'ailleurs difficile de trouver des disquettes dans le commerce, celles ci étant vendues très chères.



Le basic est légèrement révisé avec une version 1.1. (quelques instructions graphiques en plus, mais hélas pas de sprites, et des instructions pour gérer le lecteur de disquette).


Les disquettes 3 pouces, sympa, mais peu répandues

pub-cpc664.JPG


LE CPC6128

Le CPC664 sera une machine maudite car Monsieur Sugar osera le remplacer 6 mois après sa sortie par le CPC6128 pour le même prix ! (Les acheteurs du CPC664 faisaient un peu la gueule ! Dont moi !). Cependant ce nouveau modèle n'apporte pas grand chose de neuf, à part un look plus professionnel, et 128Ko de RAM au lieu de 64Ko (peu utile sur un 8 bits). Le CPC 6128 deviendra le modèle star de la gamme CPC.

  

 


 

CARACTERISTIQUES DE LA GAMME CPC

Processeur Z80A à 4mhz.
64ko de RAM (128 pour le 6128),
160x200 en 16 couleurs, 320x200 en 4 couleurs et 640x200 en 2 couleurs.
Lecteur de K7 pour le CPC464
Lecteur de disquette 3 pouces de 160ko pour le CPC664 et CPC6128
 

PRINCIPALES QUALITES :

Le "tout en un" : ecran, lecteur, clavier
Un basic facile d'accès
La très grande logitheque qui s'est rapidement mise en place 

PRINCIPAUX DEFAUTS :

4 couleurs en 320x200, pas de sprites ni de scrolling en hardware
un lecteur de disquette peu fiable sur la durée
le clavier du CPC664 qui tombe rapidement en ruine

 

LE PCW8256

On s'éloigne quelques instant du CPC. Amstrad tentera de conquérir le monde professionnel avec l'Amstrad PCW8256. Un ordinateur spécialisé dans le traitement de texte. Amstrad utilise la même stratégie du tout-en-un, l'ordinateur est vendu complet : moniteur avec lecteur de disquette intégré, clavier, et imprimante.



La clavier est complet et dispose de touches dédiées au traitement de texte. L'ecran affiche 90 colonnes sur 32 lignes en monochrome, très agréable pour une utilisation semi-pro. Quant à l'imprimante à aiguilles elle est compacte et d'assez bonne qualité. Cette machine n'est aucunement compatible avec la gamme CPC. Sans jeu, et trop "cheap" pour être prise au sérieux par le monde professionnel, cette machine ne connaîtra pas un grand succès.


LA FIN

Apres avoir aussi tenté sa chance dans le monde professionnel avec le PCW8256, puis le compatible PC avec un certain succès (le PC1512), puis enfin dans le monde de la console surtout pour écouler les stocks de pièces (la GX4000), Amstrad s'enlise en ne proposant pas d'évolution à sa gamme CPC complètement dépassée en 1990 par les ordinateurs 16/32 bits Atari ST et Amiga.

Un enlisement cependant assez volontaire. Amstrad sent qu'il est temps de quitter le secteur (à juste titre !), le PC va prendre le pouvoir, et le marché sera vite saturé, et trop risqué pour Amstrad. Il s'en retourneront finalement à leurs premiers amours : Aujourd'hui il vendent essentiellement des téléphones sur le marché UK et ont complètement abandonné l'informatique.


3 millions de CPC seront écoulés, dont 1 million en France ! Le CPC restera comme l'ordinateur familial le plus célèbre de France des années 80. Tout le monde connait quelqu'un dans sa famille qui à possédé cet ordinateur.


LES JEUX

La logitheque de l'Amstrad CPC sera très étendue, la plupart des hits americains et anglais sur Commodore 64 seront adaptés sur le CPC, de plus la scène française sera très active.

Parmi les plus grands jeux on citera :

- SORCERY, le plus célèbre, avec ses graphismes très colorés,
- BARBARIAN, un jeu de combat, très rare à l'époque, de plus il est sanglant et "sexy" !
- IKARI WARRIORS, un jeu de shoot façon Commando vraiment excellent,
- L'AIGLE D'OR, le fameux jeu daventure de Loriciels,
- ARKANOID, fabuleux casse-brique,
- FRUITY FRANK, un jeu façon arcade, simple et efficace.

Cependant l'absence de sprites et les 4 couleurs en 320x200 (la plupart des jeux seront en 160x200, une définition très faible !) limiteront la qualité des jeux, qui seront toujours inférieurs aux versions Commodore C64.




Ikari Warriors


Arkanoid


Sorcery


Fruity Frank



ANNEXE

Interview hallucinant en 1990 de Marion Vannier, la "blonde" directeur de Amstrad France, qui ne croit pas, ou fait semblant de ne pas croire, aux PC et aux consoles :

Tilt : l’expérience américaine ne  montre-t-elle pas qu'on a abouti à la disparition du marche « milieu de gamme » représente par le Commodore 64 au profit des consoles et des compatibles PC. Ne craignez-vous pas qu'elle se reproduise en Europe ?
M. V :  Vous savez le parc installe est tellement énorme...
Tilt : Lancer une machine basée sur la technologie 16/32 bits, technologie que vous possédez aujourd’hui ne vous semble donc pas opportun ? 
M. V : Il me semble opportun de continuer avec mon marché des CPC, avec mes armes et en gagnant de l'argent.


Il est clair que Amstrad voulait quitter le monde de la micro-informatique en 1990 et qu'ils écoulaient tout simplement leurs stocks de CPC.

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qbert 29/03/2015 21:48

Malgré l'intérêt de cet article, je suis obligé de m'élever contre le manque d'objectivité et la parti pris racoleur de ce rédactionnel à propos de l'évolution du positionnement d'Amstrad sur le marché de l'informatique. Le ton de cette "annexe" en particulier, est largement injustifié est incompréhensible :
- Amstrad a commercialisé le premier CPC en août 1984, et son premier PC, le 1512, dés... septembre 1986 ! soit tout juste 2 ans après, et au meilleur du succès du CPC. Il est évident qu'Amstrad a investi très tôt en dehors de l'informatique familiale du CPC (et je ne parle même pas des PCW).
- Les CPC "plus" sortis en 1990 ont été dés le départ présentés comme des machines visant à remercier et satisfaire les utilisateurs possédant déjà un CPC, pas à conquérir un nouveau marché (La GX4000 étant la seule exception sur ce point)
- Il n'existait pas en 1990 d'architecture 16 bit à bas prix qui eût été directement compatible ascendant avec le Z80 des CPC. (L'adaptation du Zilog Z280 à l'architecture "naïve" du CPC aurait probablement été bien peu performante en comparaison des Atari ST, Amiga et Mac de l'époque, tous nativement 16 bit, dés... 1984 ou 85 !)
- En parallèle, la gamme Amstrad PC de 1990-91 était résolument performante et attractive en rapport qualité/prix si on compare à la concurrence de l'époque. Y compris pour les premiers PC transportables, voire portables avec la gamme ALT !
- Amstrad a continué a concevoir et vendre ses compatibles PC jusqu'en 1995, les derniers modèles étant les PC 9555i et Integra PC : soit 5 années après cet interview de 1990 ! Et il ne s'agissait pas juste d'assemblage de cartes taiwanaises, comme c'est la cas aujourd'hui même chez HP. Le compatible PC étant bien un micro-ordinateur (ce qui est toujours le cas aujourd'hui), il est évident que Amstrad n'a jamais eu l'intention de "quitter le monde de la micro-informatique" dés 1990.
- Ceci étant bien dit, les réponses de Mario Vannier n'ont rien d'hallucinant : pourquoi donc Amstrad aurait commercialisé un 16/32 bits en 1990 alors qu'il vendait des 16 bits depuis 1986 ? Il serait arrivé bien trop tard sur ce marché pour espérer imposer un nouveau standard : il est évident que le choix de la direction d'Amstrad sur un standard à suivre s'est fait dés 1986.... pour n'abandonner le marché hyper concurrentiel de la micro informatique que 11 ans après avoir commencé ... jolie performance si on compare aux autres constructeurs européens.